La 4ème Session du Comité Ministériel de Suivi (CMS) de la gestion intégrée des ressources en eau (GIRE) en Afrique de l’Ouest, s’est tenu à Dakar le 27 novembre dernier. Les 15 Ministres en charge des ressources en eau de la CEDEAO ont abordé des sujets d’importance capitale concernant la gestion des ressources naturelles.

La 4ème Session du Comité Ministériel de Suivi (CMS) de la gestion intégrée des ressources en eau (GIRE) en Afrique de l’Ouest, s’est tenu à Dakar le 27 novembre dernier. Les 15 Ministres en charge des ressources en eau de la CEDEAO ont abordé des sujets d’importance capitale concernant la gestion des ressources naturelles.

La première décision importante a porté sur le renforcement de la coordination des actions de la GIRE en Afrique de l’Ouest et une meilleure protection de la ressource

« L’eau est la ressource des ressources naturelles puisque sans elle il n’y a pas de vie et encore moins de biodiversité. C’est une ressource que se disputent des acteurs de niveaux de culture et d’objectif souvent très diversifiés, voire contradictoires. Elle est plus rare dans les zones arides et semi arides du continent mais elle reste partout, un enjeu vital. » a déclaré Pr. Aimé J. NIANOGO, Directeur régional du programme Afrique Centrale et Occidentale de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). De ce fait, l’eau est un facteur incontournable dans tout processus de développement socio-économique. Pour les pays d’Afrique de l’ouest, les enjeux de sa gestion se posent en termes de lutte contre la pauvreté pour la satisfaction des besoins fondamentaux de la population en augmentation croissante d’une part, et en termes de renforcement de l’intégration régionale pour anticiper les crises climatiques et politiques liées à l’eau d’autres parts.

Pour M. Diène FAYE, Secrétaire d’Etan à l’Hydraulique, du Sénégal, il est indispensable que la CEDEAO renforce ses capacités humaines, techniques et financières afin de mieux coordonner l’opérationnalisation de la GIRE au niveau régional.

Pour cette raison, les ministres de l’eau à la CEDEAO ont faits une forte recommandation allant dans le sens du renforcement des capacités humaines et budgétaire du Centre de Coordination des Ressources en Eau (CCRE) afin de lui permettre d’assumer son rôle de leadership dans la mise en œuvre de la GIRE au niveau de la sous-région.

Les infrastructures hydrauliques doivent garantir le moins d’impacts négatifs possible sur l’environnement

Le Conseil a également souligné l’importance d’investir dans les infrastructures naturelles pour une meilleure protection de la ressource en eau. Il a encouragé à cette fin la CEDEAO et l’UICN à poursuivre le processus de promotion de l’approche de gestion intégrée des écosystèmes en Afrique de l’Ouest en vue de l’adoption par les instances politiques de la CEDEAO d’un Mécanisme Régional de Concertation sur la Gestion Intégrée des Ecosystèmes.

La seconde mesure prise par le Comité Ministériel de Suivi de la GIREest l’approbation du projet de directive sur le développement d’infrastructures hydrauliques en Afrique de l’Ouest. Un projet qui est l’aboutissement des concertations régionales sur le développement des grands projets d’infrastructures hydrauliques dans l’espace CEDEAO, communément appelé « dialogue barrages ».

Il s’agit d’inscrire le concept de développement durable dans la construction et l’exploitation des infrastructures hydrauliques afin de garantir un partage équitable des bénéfices pour toutes les populations, avec le moins d’impacts négatifs possible sur l’environnement et les performances économiques.

En effet, environ 150 barrages ont été construits en Afrique de l’Ouest et 40 supplémentaires sont en en projet ou en cours de réalisation. Les besoins en énergie et en irrigation pour la sécurité alimentaire, dans un contexte de variabilité climatique, sont les principales raisons de ces projets de développement complexes et coûteux. Cependant, les expériences de la région ont montré que ces projets d’infrastructures hydrauliques doivent et peuvent être améliorés pour contribuer à un développement inclusif et harmonieux entre les États Membres et à l’intégration régionale dans le secteur de l’eau en Afrique de l’Ouest.

Cette 4ème session du Comité Ministériel de Suivi de la GIRE a été précédée, les 24 et 25 novembre, par la 10ème Session du Comité Technique des Experts (CTE) qui a permis de préparer des recommandations à soumettre aux ministres pour adoption. Organisée par le Département chargé de l’Agriculture, l’Environnement et des Ressources en Eau de la CEDEAO, à travers le CCRE, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et l’Institut International pour l’Environnement et le Développement (IIED) dans le cadre des programmes Global Water Initiative (GWI) et le Partenariat pour la gouvernance environnementale en Afrique de l’Ouest (PAGE) ,a été cofinancée par la Commission de la CEDEAO, les coopérations britannique et suédoise (UKAid et Asdi) et la Fondation Howard G. Buffett (HGBF).

Synthèse de Fatouma Ouattara

Pour plus d’informations

Le communiqué final de la 4ème session ordinaire du Comité Ministériel de Suivi (CMS)

Les lignes directrices pour le développement d’infrastructures hydrauliques en Afrique de l’Ouest