Winnie Mandela, mère insoumise de la nation arc-en-ciel est décédée

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Winnie Mandela, figure de la lutte anti-apartheid durant 25 ans, personnalité tempétueuse des townships d’Afrique du Sud et ancienne épouse de Nelson Mandela est décédée ce lundi 2 avril à l’âge de 81 ans.

Elle s’appelait Nomzamo Zaniewe Winnifred Madikizela Mandela. Winnie Mandela, deuxième épouse de l’ancien président sud-africain Nelson Mandela, est décédée à l’âge de 81 ans des suites « d’une longue maladie », ce lundi dans un hôpital de Johannesburg, a annoncé son porte-parole.

L’assistante sociale devenue combattante

De son vrai nom Nomzamo Winifred Zanyiwe Madikizela, Winnie Madikizela-Mandela est née le 26 septembre 1936 dans la province du Cap oriental.

Devenue assistante sociale, elle se marie avec Nelson Mandela en 1956. Lui a 40 ans, elle 21, lorsqu’elle devient la seconde épouse de celui qui deviendra la figure emblématique de la lutte anti-apartheid et, plus tard, le premier président noir d’Afrique du Sud.

Je suis le produit du peuple de ce pays, le produit de sa lutte

Quelques temps seulement après le mariage, Nelson Mandela entre en clandestinité. Et lorsqu’il est arrêté, en 1962, Winnie Mandela reprend le flambeau du combat, à l’extérieur. Mais pas en liberté.

Harcelée, brutalisée, violentée, emprisonnée à au moins trois reprises avec de très longues périodes d’isolement total, torturée, bannie… Pendant trente ans, Winnie Mandela va subir dans sa chair l’âpreté du combat et la violence raciste du pouvoir blanc.

« Je n’ai jamais cherché à devenir ce que vous appelez une icône. C’est l’histoire qui m’a faite ainsi. Je suis le produit du peuple de ce pays, le produit de sa lutte. Mon peuple et moi avons combattu côte à côte face à la violence de l’apartheid, face aux balles, face à la haine. J’honore chaque jour nos martyrs et je suis extrêmement reconnaissante envers les masses africaines d’Afrique du Sud. Ce sont elles qui ont fait Winnie Mandela, et non l’inverse », expliquait-elle à Jeune Afrique, lors de l’un des derniers entretiens qu’elle a accordé à un média francophone, en septembre 2017.

Ligne « dure » et controverses

Au fil des années, elle devient l’une des figures de proue de l’ANC, où elle défendra une ligne « dure » tout au long de son parcours politique. Elle se fait chantre de la lutte anti-corruption, « maillon faible de l’ANC ».

Elle déclenche aussi polémiques et controverses, notamment lorsqu’elle appelle implicitement à la violence contre ceux considérés comme des traîtres à la lutte anti-apartheid, lorsque le pays sera enfin libéré du joug du pouvoir raciste.

Ses affidés,  réunis au sein du « Mandela United Football Club » (MUFC), se montreront particulièrement violents. En 1998, Winnie Mandela sera d’ailleurs reconnue « coupable politiquement et moralement des énormes violations des droits de l’Homme » par la Commission vérité et réconciliation (TRC) chargée de juger les crimes politiques de l’apartheid pour les actes commis par les nervis du MUFC.

Nous ne sommes pas libres car nous n’avons pas la liberté économique

Devenue vice-ministre de la Culture au lendemain des premières élections multiraciales de 1994, elle sera éjectée du gouvernement moins d’un an plus tard. Écartée de la direction de l’ANC au début des années 2000, elle revient en force en 2007, pour y intégrer le Comité exécutif.

Devenue critique farouche de son ancien mari – qui ne lui a rien légué après sa mort en 2013 -, elle lui reprochait l’accord passé avec les Blancs pour mettre fin à la ségrégation. Pour elle, la nation Arc-en-Ciel était un « mythe ».

« Il s’agit depuis le début d’un mythe total auquel les dirigeants de l’époque ont voulu nous faire croire. C’était un vœu pieux qui n’a jamais correspondu à la moindre réalité. La réconciliation n’a été qu’une façade ; nous ne sommes pas libres car nous n’avons pas la liberté économique », assénait-elle dans l’entretien accordé à JA en septembre dernier.

Source: Jeune Afrique

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