Wabinlé Nabié, un réalisateur féministe ?

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‘’Eau secours ‘’, le film documentaire du réalisateur burkinabè Wabinlé Nabié a été projeté ce dimanche 04 mars 2018 au CENASA à l’occasion des journées cinématographiques de la femme africaine de l’image.

En 13 minutes, les cinéphiles ont appréhendé le message clé véhiculé par le réalisateur Nabié à travers la thématique abordée. ‘’ Eau secours’’ retrace le vécu difficile des femmes face à la problématique d’approvisionnement en eau. Dans le mois de mars, les habitants des quartiers périphériques de Ouagadougou attendent l’eau de la nuit jusqu’au petit matin. Des femmes alignées avec leurs récipients à la recherche de l’or bleu, courant le risque d’être répudiées par leurs époux qui comprennent difficilement, que tout ce temps passé dehors n’a d’autre explication que la quête d’eau.

C’est dans un langage simple, compréhensif que Wabinlé Nabié a décrit le quotidien de ces femmes burkinabè, qui vont à leur risque et péril pour s’approvisionner  en eau. A l’entendre justement, ce film documentaire est parti du simple constat que le manque d’eau est crucial dans certains quartiers de Ouagadougou.  « Plusieurs zones ont été ciblés pour le tournage. J’ai tourné sur la route de Saaba, j’ai tourné à Pissy, à Zongo, au niveau du barrage de Tanghin, derrière silmandé etc. », a noté Wabinlé Nabié.

Un film bien accueilli par les cinéphiles surtout qu’il s’agit  d’un homme qui s’est intéressé particulièrement aux femmes qui peinent dans la recherche de ce liquide précieux.

Pour Aissata Wedraogo, « la pénurie d’eau est une réalité à Saaba où je vis. J’ai assisté à des bagarres entre femmes à cause de cette situation et ce n’est pas du tout intéressant. Le réalisateur a bien pensé de faire ce documentaire ».

Delphine Yerbanga, Présidente d’Africadoc Burkina, a pour sa part félicité le jeune réalisateur. « Je dis bravo à Wabinlé pour cette œuvre qui concerne vraiment les femmes, je connais le groupe de femmes que je vois dans son documentaire, pour avoir été là-bas en 2014-2015, pour filmer la marche des femmes, lorsqu’elles ont barré la route juste à côté de cette fontaine pour demander aux autorités de réagir par rapport au manque d’eau dans la zone. J’espère qu’il va continuer l’œuvre pour faire un long métrage sur la question de l’eau au Burkina », dit-elle.

 

Delphine Yerbanga, Présidente d’Africadoc Burkina

Tout en félicitant le réalisateur Nabié pour sa compassion à la souffrance des femmes, les cinéphiles lui ont suggéré entre autres de faire ressortir les causes de cette pénurie d’eau qui n’apparaissent pas dans son documentaire. Chose certaine, c’est un film qui a été bien mérité l’attention des femmes.

Assétou Maiga

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