La première session ordinaire de l’année 2018  s’est déroulée du 7 mars au 4 juin. À l’issue de cette session, le groupe parlementaire de l’Union pour le Progrès et le Changement (UPC) a animé une conférence de presse ce 6 juin 2018 afin de faire le bilan des activités réalisées au sein de l’hémicycle ainsi que les activités extraparlementaires au cours de cette période.

Cette session a connu l’adoption de 27 projets de lois dont 16 portant ratification. On note également 10 accords de prêts, 2 accords de dons, 2 accords de services et 2 conventions relatives à l’extradition et à l’entraide judiciaire entre le Burkina Faso et la France.

La loi organique portant attribution, composition, organisation et fonctionnement du conseil supérieur de la communication n’a pas été approuvée. La loi portant établissement, délivrance et validité des permis de conduire au Burkina Faso a été adoptée à l’unanimité lors de son passage en plénière. Tandis que toute personne qui inhume une personne décédée » sans permis délivré par l’officier de l’état civil » s’avérerait inapplicable dans le contexte burkinabè.

De même, un meurtre commis en cas de flagrant délit d’adultère au domicile conjugal est en inadéquation avec la constitution qui protège la vie humaine. Le groupe parlementaire a également voté entre autres « abstention » en ce qui concerne le projet de loi portant code des investissements agro-sylvo-pastorale, halieutique et fauniques.

L’UPC et le projet de loi portant code pénal

 Le projet de loi portant code pénal n’a pas reçu la caution de l’UPC. À ce propos, Nicolas Dah, président du groupe parlementaire déclare : «  nous avons voté contre le code pénal. Ce code a été fait dans la précipitation au regard même des nombreux amendements que le gouvernement a accepté lors de son adoption. La peine de mort est une question fondamentale qu’on ne peut évacuer en un tour ».

Pour Nicolas Dah, c’est la procédure qui pose problème. Actuellement, la constitution est en relecture et des concertations dans les 13 régions ont eu lieu auparavant. Au sein de la commission, il n’y a pas eu d’accord. Les populations ont exprimé leur inquiétude par rapport à cette situation.

La question du vote des burkinabè de l’étranger en 2020

Les parlementaires de l’UPC recommandent de faire de l’ONI et de la CENI, les seuls et uniques opérateurs chargés de constituer un fichier électoral fiable, de faire de la CNIB ou du passeport les seuls et uniques documents de vote pour les burkinabè de l’extérieur aux prochains scrutins et transmettre avec diligence le projet de loi portant révision du code électoral dans les plus brefs délais.

En plus de ce souhait, le parti du lion souhaite la création d’ambassades et de consulats dans les pays où on note une forte présence d’autres compatriotes sont souhaitée.

La signature d’accords avec les pays membres de la CEDEAO, afin d’accorder des  facilités logistiques pour l’organisation du scrutin serait un atout. Toutefois, ces parlementaires reconnaissent que le délai est court et pourrait être défavorable aux élections qui se veulent

irréprochables.

Du contrôle de l’action gouvernementale

Les enquêtes sur les maîtrises d’ouvrages délégués ont présenté des résultats alarmants. « Nous avons assisté à des écoles qui avant réception se sont écroulées, des barrages qui ont été emportés par des eaux. À cet effet, un document a été produit et peut être consulté à tout moment à l’assemblée nationale » a argumenté Kassoum Traoré, 1er vice-président de l’assemblée nationale.

En matière de cartographie, il a été demandé au gouvernement d’en fournir dans le but de suivre les réalisations à la lettre. Dans le même sens, 6 mois avaient été donné au gouvernement pour revoir la mise en œuvre de la loi sur l’allègement des procédures. Toutes ces suggestions sont restées lettres mortes.

L’assemblée nationale sous Balla Sakandé

« De façon générale, le travail parlementaire sous Balla Sakandé n’est pas suffisamment bien fait », a signifié Nicolas Dah, président du groupe parlementaire UPC. De son avis, lors des sessions, beaucoup de députés sont en mission, des sessions parlementaires se déroulent en même temps que des séminaires.

La mauvaise organisation du travail au sein de l’hémicycle fait observer de nombreuses absences lors des plénières. « Et ça, c’est une mauvaise chose », a t-il signifié.

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                  Françoise TOUGRY

Publicités