Depuis le 1er Mai, la chancelière allemande Angela Merkel effectue une visite d’État au Burkina Faso. Au deuxième jour de son séjour, elle a rencontré la jeunesse burkinabè dans l’enceinte de l’Université Pr Joseph Ki-Zerbo. Pendant environ 1 heure de temps, elle a échangé avec les étudiants sur des questions d’ordre sécuritaire, politique, académique.

Tout comme son homologue français Emmanuel Macron, la chancelière allemande Angela Merkel s’est rendu à l’université Joseph Ki Zerbo, au deuxième jour de la visite d’Etat qu’elle a entamée en terre burkinabè, depuis ce 1er Mai 2019. Elle y était, non pas pour prononcer un discours sur l’Afrique, mais pour échanger avec la jeunesse burkinabè en général, et les étudiants en particulier. Elle l’a d’ailleurs spécifié dès l’entame de son intervention « Je ne ferai pas de long discours, c’est aux jeunes de poser les questions ».

Les étudiants ont saisi cette perche tendue par la chancelière pour exposer leur préoccupation.

« Si on vous fournit des armes et que les terroristes se saisissent de ces armes, est-ce que cela n’aggrave pas la situation ? »

Actualité oblige ! La première inquiétude soulevée par ces derniers est relative à la situation sécuritaire dans le pays et à l’aide que peut fournir l’Allemagne dans la lutte contre le terrorisme. A ce niveau, la chancelière a évoqué la participation de son pays à la formation des militaires dans les pays du G5 Sahel dont le Burkina Faso assure la présidence. Elle s’est toutefois dit confrontée à un dilemme. En ce qui concerne l’équipement des forces armées « l’Allemagne est très réservée en la matière, si on vous fournit des armes et que les terroristes se saisissent de ces armes, est-ce que cela n’aggrave pas la situation ? Mais de l’autre côté il faut aussi que vos armées soient équipées parce que si les armées ne sont pas aussi bien équipée que les terroristes, c’est également un problème », a-t-elle expliqué.

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En dehors de cet aspect, les autres étudiants à prendre la parole se sont exprimés sur la politique de l’Allemagne en Afrique, les conditions des femmes, l’aide au développement, les difficultés de reconnaissance du BAC burkinabè en Allemagne, le soutien de l’Allemagne à l’Afrique pour l’obtention d’un siège en tant que membre du conseil de sécurité, et sur des orientations pour permettre au Burkina de se relever de sa crise.

 Sur ce dernier point Angela Merkel a estimé que la responsabilité doit être partagé. « D’une part il y a ceux qui doivent assumer leur responsabilité politiques, qui doivent respecter leur promesse de campagne. Mais c’est bien aussi que vous en tant que société civile en tant que population vous vous impliquiez également en demandant à vos politiques, vous nous avez fait des promesses qu’est-ce que vous avez fait jusqu’ici », a-t-elle affirmé.

Le soutien de l’Allemagne à l’Afrique pour l’obtention d’un siège permanent au conseil de sécurité de l’ONU

Selon Angela Merkel,  le fait que l’Afrique n’ait pas de siège permanent au conseil de sécurité,  n’est pas juste. « Ce n’est pas la bonne approche car après la seconde guerre mondiale, les nations unies ont été fondé, le conseil de sécurité a été créé. A l’époque le monde avait encore un visage différent mais aujourd’hui la répartition des sièges au conseil de sécurité ne correspond plus au rapport de force dans le monde », a t-elle déclaré. Malheureusement, reconnait-elle, les membres permanents du conseil de sécurité actuels ne sont pas très favorables aux reformes à vrai dire, car avoue t-elle, « chaque membre permanent du conseil de sécurité a un droit de veto et  un seul peut bloquer toute décision, et ils ne souhaitent pas qu’ils y aient d’autres pays qui aient également ce droit de veto ».

Au terme de ce jeu de question réponse auquel la chancelière s’est prêtée, elle a apposé sa signature dans le livre d’or, mettant ainsi fin à son échange avec les étudiants. Elle continue toutefois son périple africain dès aujourd’hui à Gao au Mali.

      Roseline SOMA

 

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