Violence faite aux femmes: des femmes en rang de bataille contre le phénomène

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Dans le cadre des 72 heures de leurs activités, les Femmes Leaders Africaines ou African Women Leaders ont animé un panel ce 23 novembre autour du thème «  Regards croisés sur les violences domestiques au Burkina Faso ». Cette initiative est une manière pour elles de  dénoncer les violences faites aux femmes.

L’objectif général de ce panel selon la présidente de  AWL, Hermanne Coulibaly, consiste à renforcer les connaissances sur les types de violences, des lois et procédures judiciaires en cas de violence  des 1000 personnes issues du milieu coutumier, et religieux et leur faire profiter de l’approche des religions et des coutumes sur la question.

« Ces 72 heures rentrent un peu dans le cadre de la commémoration de la  journée internationale  de l’élimination des violences à l’égard des femmes qui sera célébrée le dimanche 25 novembre », a-t-elle indiqué. Et d’ajouter que des initiatives ont été prises pour décrier les violences faites aux femmes, ce sous toutes ces formes.

«  Aujourd’hui quand nous parlons de violence, on vous dira que la  tradition nous permet de faire ce que nous faisons. Ce que les gens ignorent ou font semblant d’ignorer, de la manière les femmes doivent êtres soumises à leurs hommes selon la religion, c’est cette même religion qui  incite les hommes à respecter les femmes comme leur chaire et lorsque nous protégeons une personne comme sa chaire, il nous est très difficile de la violenter », a éclairé Hermanne Coulibaly.

Elle a par ailleurs fait indiqué que les gens doivent savoir qu’aucune religion, aucune tradition ne prône la violence. Au contraire, a-t-elle poursuivi, chaque religion, chaque coutume proscrit la violence et sait que le socle de toute entente réside en l’amour.

« Aujourd’hui, nous avons peur de prendre certaines décisions, car nous avons peur des regards de nos consœurs, c’est pourquoi nous sensibiliserons la population afin qu’elle puisse prendre conscience et inciter les victimes en les encourageant à sortir de leur silence puisque la violence tue quand on la dénonce pas », a soutenue la présidente de AWL.

95% des femmes subissent toutes les formes de violence

A en croire Hermanne Coulibaly, une enquête qui leur a permis de mettre en exergue 99% des femmes victimes d’une manière ou d’une autre forme de violence que ce soit dans un foyer légalement constitué ou non .

Ces chiffres selon la présidente de AWL  montrent également que 95 à 96% de ces femmes subissent pratiquement toutes les formes de violence allant au-delà des blessures.

A l’issu de l’enquête, a-t-elle précisé, une pétition a été mise en place sur la base des recommandations des victimes et témoins de violences. « Sur la base de ces recommandations, un appel a été lancé au ministère en charge de la Femme en l’interpellant par rapport aux points de vue des gens et inciter les femmes à dénoncer toute forme de violence puisque 90% des femmes ignorent l’existence des lois au Burkina Faso », a dit Hermanne Coulibaly.

 

                                                                                 Téné Bénédicte OUEDRAOGO

                                                                                              Aminata GANSONRE

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