Vente des herbes aux abords des rues : Ouédraogo Awa s’impose dans un milieu dominé par les hommes

Aux abords des rues ou dans certains quartiers, hommes et femmes se démènent pour avoir un espace et vendre des herbes, en fagots ou  dans des sacs. Ces femmes se battent pour pouvoir subvenir à leurs besoins et ceux de leurs familles.

 

Ouédraogo Awa, vend les fines herbes, souples et pas très hautes qui servent à nourrir les animaux domestiques particulièrement dans l’élevage. Ce sont des petites plantes spécifiques qui poussent naturellement partout quand les conditions leur sont favorables.  Elle  fait ce travail pendant la saison pluvieuse parce que, c’est en cette période qu’il y a les herbes. Durant la saison sèche, elle fait du jardinage.

« Avant je me cachais à cause du regard des gens »

 Le jardinage en saison pluvieuse est très compliqué parce que l’eau déborde des rivières et de petits espaces détruisant tout ce qui est planté.  « Pour ne pas rester à rien faire et avoir quelque chose pour nourrir mes enfants, je fais ce travail qui n’est pas facile », a-t-elle relaté. Le caractère difficile du travail n’empêche pas Awa de pouvoir joindre les deux bouts.

 

Awa quitte la maison le matin et se promène pour trouver de quoi ramener. Elle ne rentre que dans l’après-midi. Vers 16h ou 17h, elle  vient étaler sa  bâche et commence à vendre. Les clients affluent surtout la nuit,  « C’est à partir de 20h je commence à bien vendre. Généralement, je rentre à partir de 21h. Une fois à la maison, je fais la cuisine avant de dormir », a-t-elle ajouté.

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Pour  cette dame, le début n’a pas été facile. « Je  me cachais pour le faire car j’avais peur du  regard des gens. Maintenant, je le fais librement car il n’y a  pas de sot métier», a-t-elle confessé. La plupart des clients sont des hommes. Les femmes viennent acheter. Mais, elles ne sont pas nombreuses.

 Pour avoir les herbes, c’est tout un problème. « Des fois, les propriétaires des champs  nous chassent sous prétexte qu’ils ont réservé pour leurs animaux. Mais pour d’autres, c’est sans raison », a-t-elle expliqué.

 

 Parfois, Awa achète avec d’autres personnes pour en revendre. « Il y a des fournisseurs. Mais, le prix ne nous arrange pas », a-t-elle laissé entendre. Awa est contente parce que ce qu’elle gagne lui suffit. « Je gagne du bénéfice un peu un peu », a-t-elle lancé. Si les herbes restent, elle est obligée de jeter parce que ça change de couleur, les gens ne veulent plus acheter sous prétexte que les moutons ne mangeront pas.

« d’autres nous dénigrent« 

Selon Kaboré Mariam, le travail est rentable. Elle arrive à joindre les deux bouts. « J’ai pas autre chose à faire si c’est pas vendre ça chaque soir. Je ne me plains pas. Je rends grâce à dieu » dit-elle avec  sourire. Souvent, Mariam va elle-même au champ chercher, arracher, couper, ramasser, attacher et transporter ses fagots d’herbes. Il lui arrive aussi d’en acheter avec d’autres personnes et d’en revendre.

Kaboré Mariam

Dans un petit coin, elle garde le reste. Mariam n’a pas d’heure fixe pour arrêter de vendre. Elle rentre à la maison seulement quand il n’y a pas de clients. «  Je peux rester ici jusqu’à 21h voire 22h parce qu’il y a d’autres clients qui ne descendent pas tôt », a-t-elle expliqué.

 

Un tel métier n’est pas bien vu par les passants. « Certains hommes nous encouragent. Par contre, d’autres nous dénigrent. Que c’est pas travail de femme ! Mais moi, je ne vois pas d’inconvénients à le faire parce que je gagne dignement mon argent », a déclaré Mariam. Cela fait presque 5 ans qu’elle est là. Ni le voisinage, ni les clients n’ont aucun problème avec elle. « Tout va bien ici », a-t-elle confirmé.

 

Tandis que pour Ouédraogo Awa, ce travail est temporaire, pour Mariam, c’est un travail de tous les jours et elle n’a jamais pensé un seul instant à quitter ce travail.

 

Latifatou Sana (Stagiaire)

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