A la faveur de la publication de l’ouvrage intitulé « Le travail non rémunéré : enjeux pour le développement », publié par notre compatriote Dr Barbara KY, une conférence-débat a été organisée le jeudi 07 février 2019 au siège de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) à Paris sur le thème : « Développement et travail non rémunéré des femmes : quels enjeux pour l’espace francophone ».

Elle a été co-animée par Dr Gaëlle FERRANT de l’OCDE, les professeurs émérites Jean-Luc DUBOIS et Jacques CHARMES de l’IRD et Dr KY qui, à l’occasion, a procédé à la dédicace de son livre publié aux éditions l’Harmattan dans la collection Éthique Économique.

La 63e session de la Commission de la condition de la femme (CCF) du Conseil économique et social des Nations unies (ECOSOC) prévue du 11 au 22 mars 2019 aura pour thème « Les systèmes de protection sociale, l’accès aux services publics et les infrastructures durables au service de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes et des filles ». Ce thème s’inscrit pleinement dans le Programme de développement durable à l’horizon 2030.
Dans cette optique, la question du travail non rémunéré des femmes représente une problématique majeure. Elle interpelle les États francophones en ce qu’elle questionne l’accès des femmes à l’autonomisation économique, à un emploi formel ainsi qu’à la protection sociale.

Abordant le sujet, Dr Barbara KY, économiste, Directrice du Genre à l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA), a éclairé l’auditoire sur les enjeux qu’il présente pour le développement dans son livre.

Cet ouvrage traite de la question du travail non rémunéré en sciences économiques, qui s’inscrit dans le débat plus global de la comptabilisation de la production non marchande des ménages, sujet qui a fait l’objet d’une thèse soutenue par l’autrice en 2010 à l’Université Paris Descartes. À l’époque, le travail non rémunéré n’était pas mentionné dans les Objectifs du Développement pour le Millénaire.

L’argumentaire du Dr KY était de démontrer la nécessité de le prendre en compte dans les politiques de développement. Cette réflexion a eu un écho favorable dans l’espace public au niveau local, national, régional et même universel puisque le travail non rémunéré a été inscrit en 2015 comme une des cibles des Objectifs du Développement Durable (ODD).

En comptabilité nationale, le Produit Intérieur Brut (PIB) reflète-t-il la réalité des créations de valeur ? Qu’en est-il des productions non marchandes telles que le travail non rémunéré, s’interroge Barbara KY. Si celui-ci est aussi bien le fait des hommes que des femmes, « force est de reconnaitre qu’il est davantage l’apanage des femmes », pense la Directrice du Genre de l’UEMOA. Ce livre établit le lien entre « l’évolution dans la pensée économique, du discours sur la pauvreté, l’intégration progressive des rôles sexués à l’analyse économique, et la comptabilisation du travail non rémunéré en prenant comme cas pratique le Burkina Faso ».

L’ensemble de la réflexion est placée au cœur de la théorie des capabilités développée par l’économiste Amartya Sen (1999), prix Nobel d’économie (1998) avec qui Dr KY a eu la chance de collaborer à l’issu de ses travaux de recherche.

Pour le cas du Burkina Faso, elle y a conduit une enquête budget temps, la première du genre en 2009 pour estimer l’ampleur du travail non rémunéré des hommes et des femmes. Il s’avère que ce travail représente au moins 65% du PIB. Ce type d’enquête permet également de corriger les statistiques de la main-d’œuvre qui contribue réellement à la production.

Ainsi, l’ouvrage propose, dans une perspective aussi bien macroéconomique que microéconomique, une alternative en faveur d’un développement humain reposant sur des fondamentaux économiques soucieux d’équité.

Service presse de l’ambassade du Burkina Faso à Paris

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