Travail des enfants : les petits vendeurs ambulants aussi!

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Au Burkina le travail des mineurs est récursif dans les mines, chantiers, domiciles et lieux publics. Outre ce fait, une autre forme de travail des enfants se développe en cette période de vacances scolaires. Il s’agit des petits vendeurs ambulants dont le sort ne préoccupe personne.

Ils sont vendeurs de produits anti-moustiques, de lotus, d’arachides, de galettes, de condiments, cireurs de chaussures, etc. Ces gamins que l’on rencontre dans presque toutes les artères de la ville de Ouagadougou qui sont pour la plupart,de jeunes scolaires (âgés de moins de 16 ans le plus souvent), sont transformés en marchands ambulants à l’occasion des vacances scolaires. Cette situation plutôt banalisée au Burkina Faso n’est pourtant, ni plus ni moins que le travail des enfants.

 

Selon l’enquête nationale sur le travail des enfants de 2006, 41,1% des enfants âgés de 5 à 17 ans sont économiquement actifs. Ces enfants consacrent entre 19 et 25 heures par semaine à l’exercice de leurs activités.

Le travail des enfants est défini par l’Organisation Internationale du Travail (OIT) comme toute activité qui prive les enfants de leur enfance, qui altère leur potentiel et leur dignité et qui porte préjudice à leur santé physique et psychique.  Est enfant, toute personne âgée de moins de 18 ans. Le travail des enfants est l’un des principaux obstacles à l’éducation des enfants, car les contraignant à abandonner très tôt les bancs.

 

L’impitoyable pauvreté  est l’une des raisons principales de ce phénomène. Le Burkina est l’un des pays les plus pauvres du monde selon le classement du PNUD. Il n’est pas donné à n’importe qui de garantir les trois repas quotidiens encore moins d’assurer la scolarité des enfants.

Pour revenir au cas des petits vendeurs ambulants,il s’agit d’enfants dont les parents sont le plus souvent démunis  et qui  se voient obligés de pratiquer ce type de commerce pour survivre et préparer la nouvelle rentrée scolaire.

Certes, il vrai, certains enfants arrivent à réunir  quelques sous pour épauler leurs géniteurs dans les charges. Mais le jeu en vaut-il la chandelle? Par si sûr quand on voit les risques, que prennent ces enfants dans les rues.

Outre les risques d’accidents de circulation, la rue est le lieu par excellence d’apprentissage du banditisme,sans oublier la drogue et autre dépravation comme la prostitution des mineures. Le comble est que l’argent du kleenex ou des arachides vendues ne suffiront certainement pas pour  soigner un enfant en cas de nécessité.

Aussi, les petites filles qui sillonnent les lieux publics avec leurs assiettes peuvent subir quelques préjudices comme les viols, les agressions,les enlèvements, les grossesses précoces, etc.

Enfin,jeter ces enfants dans la rue, c’est leur apprendre à connaître l’argent très tôt. Toutes choses qui peut cultiver très vite en eux l’esprit du gain facile, l’égoïsme et préférer ce commerce au détriment de leurs études.

Pourvoir aux besoins des enfants( nourriture, éducation, loisirs,etc) relève de la responsabilité des parents. Il n’est pas normal  de payer des anti-moustiques par exemple pour qu’un enfant se promène pour vendre, ou lui faire porter une assiette toute la journée sous prétexte de préparer la rentrée scolaire.

L’idéal serait de laisser les enfants évoluer selon leur âge. Tout doucement et de façon raisonnable et convenable.  On peut trouver des occupations saines  et instructives sans les mettre en danger.

Certains parents ont trouvé la solution  et permettent à leur enfants d’apprendre des métiers pouvant faciliter leur insertion sociale plus tard, tel que la mécanique, la couture, la soudure,la menuiserie,etc. Bien contrôler,cela à l’avantage d’éveiller l’enfant et le soustraire des vicissitudes de la rue.

Malheureusement chaque année, le phénomène prend de plus en plus de l’ampleur, encouragé par vous et moi.Car qui n’a jamais acheté un  chewing-gum ou un kleenex   chez un de ces gamins, a peine sorti du giron maternel, surtout lorsqu’il vous regarde avec ce regard pathétique( signifiant que vous êtes son ultime chance pour ne pas rentrer bredouille à la maison) qui vous transperce le cœur.

La responsabilité du politique est également engagée. Il est aussi important de multiplier les sensibilisations au niveau des parents pour qu’ils comprennent que les risques encourus par les enfants est sont bien plus grands que n’importe quel gain.

En somme, le travail de ces mineurs scolaires interpelle tout le monde : les parents, la société civile et les autorités administratives et politiques. La présence considérable de ces enfants dans nos rues pose un vrai problème de développement et il est temps de le stopper définitivement. Cela y va de l’avenir de notre cher Burkina.

                                                                                                     Assétou Maiga

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