Le ministère ivoirien de la femme, de la famille et de l’enfant a intercepté un convoi d’enfant burkinabè, tombés entre les mains de trafiquants. Ils ont été rapatriés ce vendredi 28 décembre à Ouagadougou, en présence de leurs parents et des autorités burkinabè.

« Je suis content de revenir au Burkina car je ne savais pas que le travail en Côte d’Ivoire n’était pas bon ». Comme  Boureima Kaboré, ce sont huit autres enfants victimes de trafic, qui ont été découvert à Aboisso, localité située à une centaine de kilomètre d’Abidjan.

Ces adolescents dont l’âge varie entre 14 et 18 ans étaient employés sur des sites d’orpaillage à Man, une autre ville ivoirienne, frontalière du Libéria. « Je creusais la terre et je la lavais pour y trouver de l’or », nous a expliqué Boureima, qui a par ailleurs abandonné les bancs alors qu’il était en classe de 5ème.

Si ce gamin de 14 ans parti de chez lui depuis septembre 2018 justifie son acte par une volonté d’imiter ses camarades qui rentraient au pays munis de motos, Séni KABORE, un autre mineur de 16 ans quant à lui, voulait fuir la pauvreté qui sévissait dans son village.

Et c’est grâce à l’argent obtenu après les récoltes qu’il s’est rendu en Côte d’Ivoire, nous a-t-il confié. En effet, il ressort des informations reçues du Ministre de la Femme de la Solidarité nationale et de la Famille, Laurence Ilboudo, que ces jeunes garçons ont quitté leur région sans l’autorisation de leur parent et ont foulé le sol ivoirien par l’intermédiaire de passeurs dénommés Mahamoudou Ouedraogo, Paul Kaboré et Karim Sawadogo.

Selon le ministre, ce dernier a d’ailleurs été interpellé par les autorités ivoiriennes et condamné à trois ans d’emprisonnement pour fait de traite de personnes. Ayant tenté l’aventure en « Eburnie », en quête d’argent, c’est finalement les mains vides que Séni et ses compagnons rentrent au bercail à la demande des autorités burkinabè.

Ce retour a été possible grâce à la collaboration entre les deux pays. Le ministre de la famille nous a expliqué qu’ils ont au préalable effectué un séjour dans un centre d’accueil ivoirien, au cours duquel l’un a fugué. Ils ont par la suite été raccompagnés jusqu’à Niangoloko par une délégation ivoirienne et remis aux autorités burkinabè.

Toutefois Laurence Ilboudo s’est voulu rassurante quant à leur avenir : des dispositions seront mises en œuvre pour leur prise en charge. « Ils seront intégrés dans le projet des enfants en situation de rue. A cet effet, nous les amènerons au centre d’accueil d’urgence. Ils verront un psychologue et seront mis dans les centres de formation dont nous disposons», a-t-elle affirmé.

Cependant, a précisé la ministre en charge de la Solidarité nationale, leur retour en famille ne sera possible qu’après une période de 6 mois voire 1 an pour éviter qu’ils repartent une fois de plus à l’aventure.

Le ministre a également profité de l’occasion pour attirer l’attention des parents. « Il est important quand un enfant disparait au-delà de 3 jours que nos services sociaux soient interpellés pour qu’avec la police nous puissions retrouver cet enfant », a-t-elle déclaré. Pour rappel, ces enfants sont principalement originaires de la région du Plateau central et du Centre Est.

                                                                                                                 Roseline Soma

Laissez votre commentaire ici !