Tout savoir sur le bégaiement

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A l’occasion de la Journée mondiale du bégaiement, nous faisons un point sur ce trouble de la parole (blocages, prolongations, répétitions, insistances). Quelles sont les causes du bégaiement ? Comment s’explique ce trouble de la communication ? Quels traitements, quelles prises en charge existent ? Véritable handicap social, il peut heureusement être soigné.

Le bégaiement est un trouble du langage durable et fluctuant. Il se manifeste par des blocages, des prolongations, des répétitions et des insistances de sons, syllabes ou mots. Ce trouble est souvent associé à des éléments comportementaux, cognitifs et affectifs. Des troubles du langage sont parfois associés : lapsus, emploi de mots impropres, mauvaise syntaxe etc… Le bégaiement ne doit pas être confondu avec le bredouillage (parole indistincte) et le balbutiement (parole mal articulée).

Le bégaiement touche 1% de la population mondiale et 5% des enfants bégaient à un moment de leur développement (une fille pour trois garçons). Il s’agit d’un trouble assez fréquent chez les enfants (8%) qui apparaît la plupart du temps (80%) au moment de l’élaboration du langage. Huit enfants sur dix vont récupérer spontanément, pour les deux autres le  trouble risque d’être durable. En général, le bégaiement apparaît dans l’enfance, entre trois et sept ans. Mais il concerne aussi bien les adultes.

Quels sont les symptômes du bégaiement ?

En règle générale, le bégaiement se manifeste de différentes manières en fonction de sa typologie. En effet, les orthophonistes classifient le trouble en trois catégories :

Le bégaiement clonique : difficulté ou incapacité à prononcer certaines syllabes, répétitions de syllabes ou « phonèmes » comme un article, une préposition ou un adverbe monosyllabique précédant un mot ressenti comme « chargé d’obligation » et anticipé bloquant sur sa première syllabe, ou la première syllabe d’un tel mot si l’anticipation porte sur une syllabe suivante. ex. : « Un un un café s’il vous plaît » ou « Un ca café s’il vous plaît ».

Le bégaiement tonique : blocage de la parole sur un mot avec répétition d’une syllabe ou d’un son, réalisation du blocage sur un mot, souvent celui qui rompt le silence ou qui donne du sens à l’intervention, et déblocage par l’émission de l’amorce de la syllabe prévue bloquante dans une explosion glottique après une période de résistance. ex. : « Un…..cccccafé s’il vous plaît ».

Le bégaiement tonico-clonique : association des bégaiements clonique et tonique. Sur le plan physique, le bégaiement peut se traduire par des grimaces ou des crispations au niveau du visage.

Quelles sont les causes du bégaiement ?

Les causes du bégaiement restent obscures. On parle notamment des troubles physiologiques tels que des problèmes neuromusculaires. Des causes psychologiques sont aussi évoquées (hyperémotivité, angoisse…). On peut néanmoins détecter des facteurs qui vont favoriser l’apparition du bégaiement : retard de parole, climat familial tendu, l’anxiété profonde, la colère et la frustration, … De plus, il existe souvent un événement « déclencheur » du trouble : l’arrivée d’un petit frère ou d’une sœur, un déménagement…          

Aujourd’hui, les chercheurs suivent plutôt la piste neurobiologique. Grâce aux techniques d’imagerie cérébrale, on a pu constater que le bégaiement ne vient pas d’un problème de mâchoire ou d’articulation. Il s’agit en fait du cerveau qui peine à élaborer les syllabes. Des chercheurs américains ont découvert que les personnes qui bégayent ont moins d’afflux de sang dans l’aire du cerveau consacrée à la parole. Ils ont ainsi pu remarquer que l’aire de Broca, dédiée à l’élaboration du discours, était moins approvisionnée chez les bègues par rapport aux autres.

Il est toutefois admis que certaines personnes ont une sensibilité génétique au bégaiement. Le trouble peut se manifester ou non, selon les facteurs environnementaux et la façon dont l’enfant y réagit. La corrélation du bégaiement avec des terrains familiaux est connue depuis très longtemps. Par exemple, les enfants qui ont des parents bègues présentent trois fois plus de risques de développer un bégaiement. Des facteurs psychologiques, tels l’anxiété ou le perfectionnisme, accompagnent souvent le bégaiement, mais n’en sont pas la cause.

Les traitements du bégaiement

S’il est fréquent et banal que les enfants bégaient entre deux et trois ans, il faut s’inquiéter si cela continue. Dès l’apparition de difficultés persistantes, il est donc primordial de consulter un orthophoniste, thérapeute habilité à traiter ce handicap.

Plusieurs exercices, basés par exemple sur la respiration, l’élocution, la prise de parole, etc… permettront de faire diminuer le bégaiement.

Si besoin, les séances chez l’orthophoniste peuvent être complétées par des psychothérapies tel que les thérapies cognitivo-comportementales, qui donnent également de bons résultats. Les activités qui font disparaître temporairement le bégaiement comme le théâtre, le chant ou encore la lecture à voix haute sont également à privilégier. Il est en effet intéressant de noter que la plupart du temps, une personne qui bégaie le fait rarement lorsqu’elle chante, murmure, lit, etc.

Depuis 1997, la communauté internationale commémore la journée mondiale du bégaiement chaque 22 octobre.

Davy YAMEOGO

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