Tolérance zéro aux mutilations génitales féminines : l’implication des conseillers municipaux et régionaux sollicitée

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Le Burkina Faso a sacrifié à la tradition par la commémoration de la journée internationale tolérance zéro aux mutilations génitales féminines (MGF) ce 06 février 2017. Cette 15e célébration placée sous la présidence d’honneur de la première dame Sika Kaboré, veut mettre fin aux MGF au moyen d’un plaidoyer auprès des conseillers municipaux et régionaux.

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C’est la région du centre qui a été choisi pour abriter la 15e commémoration de la journée internationale tolérance zéro aux mutilations génitales féminines.  Placée sous le thème « mettre fin aux mutilations génitales féminines est une décision politique », cette journée est parrainée par le Président de l’Assemblée nationale, Alassane Sakandé et coparrainée par le ministre en charge de la justice, René Bagoro et la Présidente de la Cour de Justice de l’UEMOA, Joséphine Suzanne Ebah. Elle a été marquée par un plaidoyer à l’endroit des conseillers municipaux et régionaux, en vue de l’abandon total de la pratique de l’excision.  Le choix de la région du centre n’est pas fortuit au regard de la cartographie du taux de prévalence avec 55% pour le centre-ouest et 90% pour le centre-est. La ville de Ouagadougou n’est pas épargnée à cause des poches de résistance.

C’est pourquoi, dans son adresse, la présidente d’honneur Sika Kaboré a indiqué qu’il faut sensibiliser mais qu’il faut également réprimer. « Nous espérons que 2020 au plus tôt, 2030 au plus tard, verra effectivement la tolérance zéro aux MGF au Burkina Faso. Aux élus régionaux, locaux, communaux, élus politiques, vous êtes mieux placés que quiconque en termes de décisions politiques pour pouvoir allier à ce combat la communauté qui vous a élu et que vous administrez et nous comptons véritablement sur vous en tant que collaborateurs efficaces pour pouvoir mettre fin à cette pratique », a-t-elle lancé.

Le représentant du parrain, Me Bénéwindé Stanislas Sankara, ne doute point du bien-fondé de ce combat au profit des filles et des femmes de la société.

Dans cette même lancée, la ministre en charge de la femme et présidente du comité de lutte contre la pratique de l’excision, Marie Laurence Ilboudo/Marshall, confie que rien qu’en décembre dernier, il a été dénoncé l’excision d’une fille de 7 jours dans la ville de Bobo Dioulasso.  «  De nos jours, la pratique s’effectue à un âge plus précoce, dans la discrétion, en vue de limiter les risques pour les auteurs d’être traduits en justice, car la loi est de plus en plus appliquée dans ce domaine», a-t-elle expliqué .

La représentante des partenaires techniques et financiers, Dr Edwige Domingo Adekambi a pour sa part, salué la prise en compte des MGF dans le plan stratégique 2016-2020 de l’Assemblée nationale du Burkina Faso.

Rachel Badolo Secrétaire permanent du Conseil national de lutte contre la pratique de l’Excision

La lutte contre la pratique de l’excision est minée par les poches de résistance et les filles sont excisées dans la clandestinité. C’est pourquoi, la Secrétaire Permanente du Conseil national de lutte contre la pratique de l’excision (SP/CNLPE), Rachel Badolo Kando interpelle les décideurs politiques à s’afficher pleinement dans la lutte contre la pratique de l’excision.   « Nous avons foi que par leurs actions de sensibilisation, ils vont amener la population à un abandon total des MGF d’ici à 2030 ».  Le bilan de la lutte dit-elle est positif quand bien même il y a des récalcitrants. « Quand nous prenons les statistiques, depuis 2010 jusqu’en 2015, il y a une baisse de la pratique de l’excision, surtout chez les filles de 0 à 14 ans. Le taux de prévalence est passé de 13,3% en 2010 à 11,3% à 2015 », a-t-elle relevé.

Joséphine Suzanne Ebah pour sa part mentionne que « des mesures juridiques doivent être prises et accompagnées de campagne d’information et de sensibilisation des populations en faveur de l’abandon total de cette pratique honteuse et humiliante ».

Un certificat de reconnaissance a été remis à Sika Kaboré et l’engagement des décideurs politiques de la région du centre a aussi été matérialisé par la signature de la charte, gage de leur appui dans la lutte contre MGF.

Assétou Maiga

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