Tâches ménagères : 40% de temps en plus pour les filles que pour les garçons

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C’est un des facteurs les plus profonds des inégalités : les tâches ménagères. 550 millions d’heures par jour à l’échelle mondiale pour les filles, 40% de plus que pour les garçons. Une surcharge de travail qui limite l’accès à l’éducation et à l’épanouissement

 

A la veille de la journée internationale de la jeune fille, un rapport publié par l’UNICEF personnel (« Exploiter la puissance des données au service des filles : bilan et perspectives pour 2030 ») fournit les premières estimations mondiales sur le temps que les filles consacrent aux tâches ménagères telles que la cuisine, le ménage, s’occuper des membres de la famille ou aller chercher de l’eau et du bois.

Les données révèlent que la répartition inégale du travail domestique commence très tôt, puisque les filles âgées de 5 à 9 ans consacrent 30 % de temps en plus, ou 40 millions d’heures supplémentaires chaque jour, aux tâches ménagères par rapport aux garçons de leur âge. Les disparités s’accentuent dans les tranches d’âge supérieures ; en effet, les filles de 10 à 14 ans y consacrent 50 % de temps en plus, soit 120 millions d’heures supplémentaires chaque jour.

« Le fardeau inégal du travail domestique non rémunéré pèse sur les filles dès la petite enfance, et s’alourdit lorsqu’elles arrivent à l’adolescence », déplore Anju Malhotra, Conseillère principale à l’UNICEF pour l’égalité des sexes. « Par conséquent, celles-ci doivent consentir à d’importants sacrifices et renoncer à apprendre, grandir ou simplement vivre pleinement leur enfance. Par ailleurs, cette répartition inégale du travail entre les enfants perpétue les stéréotypes sexospécifiques et la double charge qui pèse sur les femmes et les filles de génération en génération. »

Le rapport indique que le travail des filles est moins visible et rarement reconnu à sa juste valeur. Trop souvent, les filles se voient imposer des responsabilités d’adultes, comme s’occuper des membres de la famille, y compris d’autres enfants. Le temps qu’elles consacrent aux tâches domestiques réduit celui qu’elles peuvent passer à jouer, nouer des relations sociales avec leurs amis, étudier ou simplement être des enfants. Dans certains pays, en allant chercher de l’eau et du bois, elles s’exposent même au risque de violence sexuelle. 

Le rapport révèle en outre que le Burkina Faso, le Yémen et la Somalie sont les pays où la répartition des tâches ménagères est la plus inégale entre garçons et filles de 10 à 14 ans  tandis que ce sont les filles somaliennes de 10 à 14 ans qui participent le plus aux tâches domestiques, avec un total de 26 heures par semaine.

« La première étape fondamentale pour atteindre l’objectif de développement durable relatif à l’égalité entre les sexes, mais aussi lever les obstacles que rencontrent 1,1 milliard de filles à travers le monde, sera de quantifier les difficultés auxquelles celles-ci sont confrontées », affirme Attila Hancioglu, Chef des données et des analyses pour l’UNICEF.

Le rapport Harnessing the Power of Data for Girls: Taking stock and looking ahead to 2030 indique que les données relatives à deux tiers des 44 indicateurs liés aux filles des objectifs de développement durable (ODD), la feuille de route mondiale vers l’élimination de la pauvreté, la protection de la planète et la prospérité pour tous, sont soit limitées, soit de qualité médiocre. Outre les tâches domestiques, le rapport présente des données relatives aux problématiques liées aux filles que visent les ODD, notamment la violence, le mariage précoce, les mutilations génitales féminines et l’éducation. En atteignant les ODD consacrés à ces enjeux, et en permettant aux filles d’acquérir les connaissances, les compétences et les ressources dont elles ont besoin pour réaliser pleinement leur potentiel, nous ne servirons pas uniquement la cause des filles ; nous contribuerons également à alimenter la croissance économique.

Source: UNICEF

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