L’année 2016 n’a pas été de tout repos pour les acteurs du système sanitaire. Entre gratuité des soins, crises sociales et épidémies, le secteur de la santé  a été particulièrement éprouvé. La rétrospective avec Queen mafa.

 

1-    La gratuité des soins

Annoncé pendant sa campagne électorale, Rock March Christian Kaboré a respecté sa promesse dès son installation officielle. Il a travaillé à la mise en œuvre effective de la gratuité des soins au Burkina Faso au bénéfice des femmes enceintes et des enfants de zéro à 5 ans dans les formations sanitaires. Malgré les insuffisances que cela comporte, il n’en demeure pas moins une grande avancée pour la santé de la mère et de l’enfant.

2-    Affaire CAMEG

L’un des faits marquant de cette année 2016, c’est la crise de la Centrale d’Achat des Médicaments Essentiellement Génériques et des consommables médicaux (CAMEG). Cette structure a été secouée durant des mois par une crise à n’en point finir au cours de cette année. De procès en procès et de report en report, le problème à la CAMEG a perturbé tout le système sanitaire suscitant du coup des menaces à la mise en pratique effective de la gratuité des soins.

3-    La conjonctivite ou « Appolo »

Cette année n’a pas été particulièrement tendre avec les burkinabè. L’année 2016 a connu le retour de la fameuse maladie des yeux appelée communément « Appolo » de juillet à septembre. Cette pathologie dont la contagion est très rapide a suscité des inquiétudes au sein de la population.

4-    La dengue

Le comble fut cette maladie proche du palu qu’est la dengue. Du 5 août au 12 novembre 2016, au total 1061 cas probables (positifs au test de diagnostic rapide de la dengue – TDR) sur 1266 cas suspects ont été notifiés avec un total cumulé de 15 décès (taux de létalité de 1,2 %). Les cas signalés se répartissent sur l’ensemble des 12 arrondissements de la ville de Ouagadougou.

De plus, deux autres régions ont signalé des cas à savoir la région du Sahel au Nord (12 cas TDR positifs) et la région des Hauts Bassins à l’Ouest (6 cas TDR positifs). Au total, plus de 938 cas de décès ont été recensés du fait de cette maladie.

5-    Décès d’une femme en couche au CHU Yalgado Ouédraogo

L’un des faits qui a mis toute la capitale burkinabè en ébullition fut le décès en situation d’accouchement au CHU Yalgado Ouédraogo dans la nuit du 15 au 16 mars, de la femme de l’acteur de cinéma Adama Pamtaba. Cette femme et son bébé y ont perdu la vie parce que la table d’accouchement a tout simplement cédé. Du coup, l’on pouvait lire dans la presse comme sur les réseaux sociaux des dénonciations les plus virulentes à l’égard des autorités gouvernementales.

6-    Décès des bébés prématurés par manque de couveuses

Un autre évènement qui a fait couler beaucoup d’encres et de salives fut certainement la mort des bébés (jumelles) prématurés au CHU Yalgado Ouédraogo dans le mois de juillet pour manque de couveuse. Le public burkinabè venait de découvrir la dure réalité que vivaient les agents de santé, c’est- à-dire l’impuissance devant la mort de nombreux nouveau-nés pour manque d’infrastructures

7-    Congrès conjoint de la SAGO et de la SOGOB

Une rencontre internationale des plus instructives qui mérite d’être signalé est la tenue conjointe, du 19 au 24 novembre à Ouagadougou, du 14ème congrès de la Société Africaine de Gynécologie et d’Obstétriques(SAGO) et du 8ème de la Société des Gynécologues et Obstétriciens du Burkina (SOGOB). Un rendez-vous qui a offert un cadre d’amélioration des connaissances des acteurs de la santé. Ont pris part à cette rencontre internationale plus de 1000 participants issus de 20 pays d’Afrique, une activité orchestrée de maître par le professeur Blandine Thiéba et son équipe.

par Issa KARAMBIRI