En vue de soutenir les films burkinabè pour le FESPACO 2019,le gouvernement va subventionner  9 projets de film d’un milliard francs CFA .  La proclamation des résultats a eu lieu ce 24 mai 2018 au centre national des arts du spectacle et de l’audiovisuel (CENASA). Le moins que l’on puisse dire est que les femmes cinéastes ont bien défendu leur dossier.Dans la catégorie longs métrages fiction, Desrances, de Apolline Traoré fait partie des deux films  retenus pour une subvention de 325 millions FCFA. Dans la catégorie Séries télévisées, les femmes ont marqué leur suprématie puisque les deux projets retenus sont ceux de Kadi Traoré avec « Femme au Foyer » et Flore Yaméogo avec « L’ami fidèle ». Elles bénéficieront chacune de  50 millions de FCFA. Pour la post-production de film,   Aïcha Boro/ Leterrier, s’en sort avec  15 millions pour son film  « Balolé, une carrière de géants ».

Le comité de soutien a apprécié les différents dossiers sur la base de 5 critères notés sur 100 points. Il s’agit d’abord de l’intérêt et l’originalité du sujet. Ensuite, de la qualité du scénario, c’est-à-dire la cohérence et la qualité du récit, le respect des règles dramatiques et la narration, la crédibilité et l’épaisseur des personnages, la qualité des dialogues. Le troisième critère est la faisabilité financière, budgétaire et technique du projet. C’est l’ensemble du bon équilibre du financement, la crédibilité et le réalisme indiscutable du budget, la crédibilité et l’expérience avérée de la société de production. Le dernier critère est l’expérience du réalisateur et des principaux collaborateurs techniques et artistiques.

Le directeur général  du cinéma et de l’audiovisuel , Armel Hien

Ismaël Ouédraogo, président du jury a fait remarquer qu’au niveau de l’écriture, la plupart des candidats ne tiennent pas compte de la forme et de l’évolution dramatique du scénario, de la valeur du comédien, etc. « La présentation pour certains est nulle, nulle, nulle, vraiment nulle. Scénarios non paginés, le budget non paginé, plan de financement non paginé, c’est inadmissible. Même  les maisons de production, il faut qu’on organise des ateliers pour leur montrer comment on élabore un budget, un plan de travail, de financement etc. Généralement, les gens arrivent dans le cinéma sans aucune connaissance de base. C’est parce que c’est ici. En Europe, on ne regarde même pas ça, on le jette », a déclaré le président du Jury.

 Pour Patrice Kouraogo, conseiller spécial du président du Faso, membre du comité de soutien au titre de la présidence, cet appel à projet est une façon de montrer le soutien annoncé par Roch Marc Christian Kaboré. Selon lui, le Burkina Faso capitale du cinéma n’a pas eu de bons résultats ces dernières années à cause du manque de financement. Et c »est dans ce sens que le président du Faso a été sensible à la requête des cinéastes et leur a accordé 1 milliard FCFA.

 Dans le souci d’une utilisation rationnelle et responsable des fonds, il a été mis en place le comité de sélection des projets.  » C’est un défi national et le président appelle à la solidarité, à la fraternité et à l’esprit de patriotisme afin que nous puissions avoir une bonne représentativité au FESPACO 2019″, a-t-il lancé.

Ce qu’on reproche aux dossiers rejetés

Des dossiers ont été rejetés pour de multiples pièces manquantes parmi lesquelles la fiche technique, la version électronique du sujet, l’autorisation d’exercice, le plan de financement, le calendrier d’exécution, les références professionnelles du réalisateur, la fiche technique. À cela s’ajoutent le manque d’attestation fiscale ou de CNSS, la fiche de la présentation de la société, la carte professionnelle et le CV des collaborateurs,  l’autorisation d’exercice, le contrat de cession de droit d’auteur.
Les autres dossiers validés sont remis aux sous- comités de lecture de scénarios.

Pour le coordonnateur du comité, Gaston Kaboré, toute compétition fait appel à des gagnants et des perdants. « De l’argent, il n’y en a pas. Et quand bien même, il y en aura , on sera obligé de financer les projets qui sont bien élaborés et qui donnent  la promesse suffisante d’un futur film intéressant. J’invite les professionnels à travailler. S’ils lisent les remarques que nous avons faites, ça va leur permettre d’améliorer leur scénarios », dit-il.
S’adressant à ceux qui n’ont pas été retenus » Vous avez demandé à ce qu’ils s’intéressent à votre travail.  Professionnellement, il y a une culture à apprendre en ce qui concerne le refus ou la non sélection de votre scénario. Il faut savoir aller au-delà », explique-t-il.

Françoise Tougry


Les 9 projets retenus pour bénéficier du soutien financier de l’État.

  1. Catégorie production 2 films longs métrages fiction
    – Desrances, les films Selmon avec Appoline Traoré pour 325 millions FCFA
    – Duga, les charognards, de la société Déclic plus avec Abdoulaye Dao et Hervé Éric Lingani, 325 millions

Longs métrages documentaire

– Pas d’or pour Kalsaka de Diam Production avec Michel K. Zongo pour 70 millions

Court métrage fiction 2 films

– Rêve brisé de Racines productions avec Modeste Mofedogna Bède Ganafé, 35 millions
– Fragile espoir, Immédiat production avec Inoussa Baguian, 35 millions

Court métrage documentaire

– Le seul projet présenté n’a pas été retenu pour insuffisance de qualité

Séries télévisées ( 2)

– Femmes au foyer, Athéna Films, Kadi Traoré, 50 millions
– L’ami fidèle, 2B Studio, Flore Yaméogo,  50 million

2. Catégorie post-production, 2 films

– Hakilitan ( Mémoire en fuite), Accent  Sud Communication, Issiaka Konaté, 15 millions
– Balolé, une carrière de géants, Productions Métissées, Aïcha Boro/ Leterrier, 15 millions.

 

Les 5 dossiers rejetés

-La traversée, Mille couleurs production, long métrage fiction
-Tempo ghetto, Afrik’Image, court métrage fiction
– Les sacrifiés, Initiative production, court métrage documentaire
– Dimdolobson, l’homme et son époque, Kama Vision, court métrage documentaire
– La famille tontba, Douahou production, série TV.

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