Après la campagne de communication dénommée « Un million de voix pour la planification familiale et la santé sexuelle et reproductive », l’ONG américaine et ses partenaires burkinabé ont  lancé une autre campagne mass media baptisée « Le silence  tue », le 26 février 2017.

L’objectif de cette campagne de communication de masse est de contribuer à l’augmentation d’une opinion favorable à l’accès des jeunes et des adolescents aux services de santé sexuelle et reproductive.

 

Selon les organisateurs, le lancement de cette campagne de communication de masse en pleine semaine du FESPACO n’est pas le fait du hasard. Ils entendent profiter de la tribune qu’offre le FESPACO pour sensibiliser l’opinion nationale en vue de favoriser l’accès des jeunes et des adolescents aux services de santé sexuelle et reproductive.

 

Toutefois, a affirmé Boureihiman Ouédraogo ,directeur exécutif de l’Association burkinabè pour le bien-être familial (ABBEF), porte-parole des OSC partenaires, cette campagne va au-delà du FESPACO et couvrira la période de mars 2017 à mars 2018. « Nous voulons, tout au long de cette campagne, assurer notre rôle de veille et d’interpellation sur les enjeux liés à la santé sexuelle et de la reproduction des adolescents et des jeunes », a confié M. Ouédraogo.

Le silence et l’inaction menacent la vie de millions de jeunes et adolescents

Il s’agira, pendant toute une année, de diffuser des messages de sensibilisation et d’interpellation dans les salles de cinéma et à la télévision. Entre autres activités phares figurent la réalisation d’émissions radiophoniques, la distribution de dépliants avec des messages sur la santé sexuelle et de la reproduction des adolescents et des jeunes, la sensibilisation sur les réseaux sociaux et les causeries-débats.

« Pour ne plus que le silence et l’inaction continuent de tuer, nous avons besoin de vous, médias, pour amplifier notre message, a-t-il déclaré à l’endroit des journalistes.

 

Selon l’analyse qui découle du Plan stratégique de santé des adolescents et jeunes 2016-2020, il existe encore beaucoup d’insuffisances en matière de promotion de la santé sexuelle des jeunes. Il s’agit notamment de l’insuffisance de soins et services de santé orientés vers les jeunes et les adolescents, l’insuffisance de l’éducation sur la santé sexuelle et reproductive à la maison et à l’école.

Par ailleurs, les cas de grossesses précoces sont toujours légion en milieux scolaire et extra-scolaire, avec souvent comme conséquences désastreuses les avortements clandestins et les abandons scolaires. L’Enquête démographique et de santé de 2010 a révélé que 54,5% des adolescents non mariés et sexuellement actifs, âgés de 15 à 19 ans, n’utilisent pas de méthode de contraception.

Conduite par sept organisations de la société civile que sont l’ABBEF, l’AJC/PD, l’APAC, l’AFJ/BF, le RAJS/BF, SOS/JD, l’URCB/SD, cette campagne est soutenue par l’ONG américaine Planned Parenthood Global (PP Global).

 

Avec l’avènement d’un Républicain à la tête des États-Unis d’Amérique, les journalistes ont voulu savoir si le financement des activités en faveur de la santé sexuelle ne va prendre un coup. Face à cette préoccupation, la vice-présidente de Planned Parenthood Global, Latanya Frett, s’est voulue rassurante : « Nous allons continuer le travail avec nos partenaires, quelles que soient les difficultés. Néanmoins, nous allons interpeller les autorités américaines pour que des financements aillent à l’endroit des adolescents », a-t-elle dit.

Pour Latanya Frett, l’on ne saurait promouvoir le développement durable sans investir dans les êtres humains. Il s’agit, selon elle, d’aider les jeunes leaders à devenir des champions en matière de SSR/PF.

                                                                                                               Issa KARAMBIRI

 

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