Santé sexuelle et reproductive : Avancées et reculs de 1994 à 2012

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La prévention et la gestion de la stérilité et des cancers des organes génitaux ont connu des avancées en matière de santé sexuelle et reproductive de 1994 à 2012. Cependant, des reculs ont été observés au niveau des besoins des adolescents en matière de santé reproductive et l’accès à l’avortement médicalisé.

La Conférence internationale sur la population et le développement (CIPD) a marqué un tournant décisif et une victoire pour le mouvement de lutte en faveur des droits en matière de reproduction. Des changements se sont produits dans le domaine de la recherche en ce qui concerne l’étude des facteurs influant sur les choix et les comportements individuels au regard de la fécondité et de l’utilisation ou non des méthodes contraceptives.

Des progrès ont été constatés dans le domaine de la communication. En effet, un mécanisme a été instauré en vue d’informer la population sur les avantages de la réduction de la fécondité et de la prévention des grossesses non désirées. Le domaine de la prestation de services n’est pas non plus en reste car une large gamme de méthodes contraceptives a été vulgarisée afin de permettre à toutes les femmes d’adopter la méthode qui lui convienne.

De 1994 à 2012, la prévention et la gestion de la stérilité et des cancers des organes génitaux ont également été définies comme partie intégrante de la santé sexuelle et reproductive. Mais les besoins des adolescents en matière de santé reproductive avaient été largement négligés par les services existants. Certains observateurs craignaient que l’accent mis par la CIPD sur le choix individuel et l’autonomisation des femmes ne trouve aucun écho parmi les donateurs et les gouvernements.

Malgré ces inquiétudes, le cadre défini par la CIPD est demeuré tel. En 1999, c’est à l’occasion de l’examen quinquennal de la CIPD que l’engagement en faveur de l’accès universel à la santé sexuelle et reproductive a été réaffirmé. Cet engagement a connu une opposition car des partisans de la CIPD ont mis en avant les progrès réalisés dans quelques domaines clés, notamment la santé sexuelle et reproductive des adolescents et l’accès à l’avortement médicalisé dans les pays où il avait été légalisé.

Cependant, en 2000, la question de santé reproductive n’a pas été évoquée par les Nations Unies lors de l’adoption des objectifs du millénaire pour le développement (OMD). En réaction peut-être à la durée et au caractère controversé des négociations menées lors de la quatrième Conférence mondiale sur les femmes organisée en 1995 et de l’examen quinquennal de la CIPD en 1999. Les représentants chargés de rédiger les OMD ont décidé de définir un objectif relatif à « l’amélioration de la santé maternelle ».

Ce n’est qu’en 2005 que les défenseurs de l’accès universel à la santé sexuelle et reproductive parviennent à en faire une nouvelle cible dans le cadre de l’objectif relatif à la santé maternelle. L’omission initiale de cette question dans les OMD a contribué à ce qu’elle soit perçue comme problématique et sujette à controverse, et donc plus facilement négligée, du moins dans les négociations et les débats internationaux.

Bien que fréquemment laissés de côté par la communauté internationale, le financement et la promotion de la planification familiale se sont poursuivis, et parfois intensifiés, bénéficiant d’un sérieux coup de pouce du Sommet de la planification familiale, en juillet 2012. C’est ce qui a mobilisé de nouveaux donateurs et volontés politiques à redynamiser les partisans de la planification familiale.

Source : UNFPA/ état de la population mondiale 2019

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