Sabine Ouédraogo Compaoré et Bénédicte Bailou, élues représentantes à l’assemblée législative de la transition

Le processus de désignation des femmes pour représenter la composante féminine à l’assemblée législative de la transition s’est déroulé ce samedi 5 novembre 2022. 12 candidatures ont été enregistrées. A l’issue des votes, Sabine Ouédraogo épouse Compaoré de la région du Sahel, bien connue dans le milieu associatif féminin et Bénédicte Assita Françoise Bailou, juriste,  très active pour la défense des droits des femmes ont été élues.

Les critères prioritaires de désignation ont porté sur la représentation géographique, les compétences de la candidate et l’inclusion, en tenant compte de la relève.

Bénédicte Assita Françoise Bailou, juriste et spécialiste des droits des femmes et des violences basées sur le genre est coordonnatrice du mouvement citoyen Fémin-in  qui fait la promotion de la participation citoyenne de la jeune femme au Burkina Faso.

Elle a indiqué que souvent, lorsqu’ il s‘agit de parler de représentativité dans les sphères décisionnelles,  l’on ne parle que des hommes. « On « invisibilise » malheureusement, les jeunes femmes.  Je suis une jeune femme et je pense que l’on doit donner la possibilité aussi aux plus jeunes  de faire leurs preuves et d’apprendre », a mentionné la juriste.

 

Bénédicte Bailou est une femme engagée et passionnée de politique. Elle dirige avec brio le mouvement féministe Femin-in. C’est une fervente défenseure des droits des femmes. Elle fait partie de la première cuvée de l’académie Politique des femmes.

Selon Bénédicte Bailou, les femmes qui ont un âge avancé ont bénéficié du soutien et de la confiance d’autres personnes pour arriver au stade de compétences où elles sont. C’est tout naturellement un devoir de la redevabilité de ces dernières envers les  plus jeunes.

En matière d’expérience concernant la rédaction et la maitrise des textes,  elle a travaillé sur la loi quota genre qui a été voté en 2020. « Mon expérience peut-être petite par rapport à certaines. Mais, elle compte aussi dans mon curriculum vitae », a-t-elle précisé.

 

Madame Sabine Ouédraogo Compaoré quant à elle, est originaire du Centre-Est. Mais, elle a rejoint son époux, originaire du Sahel en 1997. Coordonnatrice régionale des organisations  féminines de la région et  responsable des femmes du G5 Sahel dans sa zone, elle a bénéficié de renforcements de capacités  par le G5 sur la gestion des conflits et les stratégies pour motiver les femmes à prendre leur destinée en main dans cette cité qui est « une jungle ».

Sabine Ouédraogo Compaoré est entre autres coordonnatrice communale des femmes de Dori, présidente de l’association féminine Dotinogo du Sahel,  point focal de la COPEFAX au Sahel, secrétaire générale de la fédération femme et développement antenne du Séno, coordinatrice de la cellule WILPE Dori pour la lutte contre la prolifération des armes légères et le rétablissement de la paix et la cohésion sociale.

Sa candidature à ce poste témoigne de son engagement à prouver l’esprit de solidarité entre les femmes. « C’est pour prouver à tout le Burkina Faso que nous les femmes, nous nous entendons, nous  sommes ensemble que ce soit les femmes de Ouagadougou, celles des régions et autres », a-t-elle laissé entendre.

A l’en croire, à  n’importe quelle sphère de décision,  la femme doit y être parce que les femmes représentent 52% de la population. « Mais, quand on parle de sphère de décision, les hommes s’en accaparent », s’indigne-t-elle.

Cependant, elle reste convaincue que chaque femme a sa raison d’être dans ce Burkina Faso. Pour ce faire,  en tant qu’agent communautaire, dame Ouédraogo a pour ambition d’être aux côtés des femmes pour pouvoir  les éduquer, les sensibiliser  et lutter aussi contre les violences basées sur le genre au niveau de la région du sahel.

 

La cérémonie s’est bien passée. Aucune plainte ni réclamation n’ont été enregistrées car à l’unanimité, le présidium a été félicité pour la transparence, la diligence, la rigueur, le professionnalisme et le dynamisme avec lesquels il a conduit les travaux de désignation jusqu’au bout. Et ce, dans l’urgence.

 

On note tout de même quelques insuffisances au niveau des participantes.  Des dizaines de femmes venues avec des mandats pour représenter la même structure et des coordonnatrices des femmes ont été refoulées car elles n’ont pas rempli les conditions d’accès à la salle.

En plus, des responsables d’OSC ont été obligées de faire porter leurs candidatures par des structures peu connues, leurs récépissés n’étaient pas à jour. Aussi, le filtrage a été fait tout seul grâce aux critères de détention d’un mandat et d’un récépissé à jour.

Martine Yabré, présidente du cadre de concertation des organisations de la société civile a saisi l’occasion pour inviter ses sœurs et filles, à prendre toutes les dispositions afin de régulariser les documents de leurs organisations et structures.

Françoise Tougry

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