“Les rumeurs m’inspirent”, Floby

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 Floby, la coqueluche de la musique burkinabè est l’un des rares artistes à tenir le public en haleine pendant plus d’une dizaine d’année sans relâche. Contre toute attente, il est investi comme chef dans son village natal Andemtenga. C’est à cœur ouvert que l’homme nous parle de sa nouvelle vie de chef.

 

Queenmafa : Le Karsamba, le Papa des orphelins, le Kirikou d’Afrique, Baba, finalement qui se cache derrière ces multiples pseudonymes ?

 

Floby :(Rires), c’est Floby, Florent Belemyégré à l’état civil, artiste musicien burkinabé. Il faut dire que ces  différents pseudonymes ne proviennent pas de moi-même. Ce sont mes fans et mes proches qui selon le contexte m’attribuent un nom et ça devient populaire.

 

Comment êtes-vous devenu chef coutumier ?

 

Personnellement, je n’ai pas choisi ou espéré un jour être un chef. Je ne suis pas issu d’une famille royale pour devenir un chef par héritage. C’était donc ma destinée. C’est lors d’un séjour au village ou je me suis rendu chez le chef pour m’enquérir de ses nouvelles. A ma grande surprise, celui-ci en présence de beaucoup de notables et vieux du village me fait assoir avant de me dire ceci : « à partir d’aujourd’hui, il ne faut plus que quelqu’un prononce ton prénom dans ce village ». C’est ainsi que l’on m’a soulevé et couru avec moi partout au village. Jusque- là je n’avais rien compris.C’est lorsque mon garde du corps a voulu se plaindre  que l’on m’a fait savoir que je suis devenu chef. J’avais peur puisse que je ne m’y connaissais pas. J’ai donc fui pour me retrouver à Ouagadougou. Mais comme je le disais, j’ai été choisi par le chef du village, donc par tout le village. Dès lors, je ne pouvais pas refuser. Un an après cette scène, je suis retourné au village pour l’intronisation et je suis aujourd’hui le Nomm Naaba d’Andamtenga qui veut dire le chef des ambiances.

 

Ce chapeau de chef ne va-t-il pas constituer un frein pour votre carrière musicale ?

 

Pas du tout, c’est comme une décoration que mon village m’a faite. Ma mission rentre en droite ligne avec mon métier car elle vise à prôner la joie, l’ambiance, la paix partout où je serais. Sur scène, je suis Floby l’artiste et je porte la tenue qui va avec.

Je ne le regrette pas car cela m’a permis de mieux comprendre la vie. Il n’y a rien de tel que de comprendre et de vivre nos traditions. Même si je ne suis pas à la maison, elle est tout le temps remplie de monde, et il y a toujours de l’ambiance. C’est d’ailleurs  pour cela que l’on m’appelle le Papa des orphelins.

 

 Certains de vos fans disent ne plus se retrouver dans vos chansons car Floby fait du coupé décalé. Que leur répondez- vous ?

 C’est souvent décevant quand on entend ces genres de plaintes. Bon nombre d’entre eux n’achètent jamais d’album. Ils ne savent pas comment l’artiste fait pour vivre. Ils n’attendent que les vidéos à la télévision pour apprécier la musique. Et là, ils se concentrent pour dire Floby ne chante plus comme avant.

Pour vivre, je dois aussi faire des prestations où on me demande de jouer de la musique qui fait bouger. Je suis obligé de faire des singles pour pouvoir survivre du moment que Dieu m’a permis d’être polyvalent.

Pour les fans qui désirent écouter la musique langoureuse, je leur demande d’acheter mes cd.

 

On a entendu dernièrement de folles rumeurs sur Floby, du décès à l’emprisonnement en passant par la dépigmentation, comment avez –vous vécu tout cela ?

Effectivement, j’ai vu sur la toile ces rumeurs sur mon teint mais au début j’ai pris ça à la légère. Quelques jours après, j’ai vu que ça prenait de l’ampleur. J’ai essayé de répondre mais par la suite, j’ai vu que ce n’était pas la peine. Ces personnes cherchaient uniquement à me faire du mal. Vous me voyez ici alors juger vous-même.

Je suis allé faire 11 concerts en Côte d’Ivoire, j’ai réuni plus de 60 milles personnes. A mon arrivée, personne n’a parlé du déroulement de mon séjour mais c’est  plutôt une photo de moi prise à l’aéroport qui intéresse les gens.

Quelques temps après, j’apprends que Floby est en prison après avoir volé deux milliards. Je me suis dit que peut-être Dieu va me donner 2 milliards même si je ne sais pas comment ça va se passer. Par la suite, on annonce la mort de Floby pourtant je n’ai même pas été malade. Vous savez, ces rumeurs m’inspirent beaucoup et mon prochain album en dira long. « La rumeur fait la légende », me disait un journaliste pour m’encourager.

Je suis donc entre les mains de Dieu à qui je rends grâce chaque jour.

 

   “Pour moi, après Dieu, c’est la femme”, Floby

 

Dans vos thématiques, vous accordez une place de choix à l’autre moitié du ciel, Floby est -il féministe ?

(Rires), c’est vrai, j’écris des textes qui magnifient la femme et la raison est toute simple. Je n’ai pas eu la chance de connaître un père. J’ai été bercé, éduqué par une femme, ma grand- mère qui a été à la fois mon père et ma mère. C’est grâce à cette dernière que je gagne ma vie. Je suis plutôt du côté des femmes.

 

 Que représente la femme pour Floby ?

   Pour moi, après Dieu, c’est la femme.

 


Que vous inspire ces noms :

Papus Ismael Zongo ?

 la famille

Salfo Soré dit Jah Press ?

un exemple

 Dj Arafat?

Floby :  un Artiste

Safiatou Lopez ?

Une inconnue

Bertrand Traoré ?

Un combattant

Appoline Traoré ?

L’estime

Hyppolite Ouangraoua dit Mbaboanga ?

Un conseiller


 

 

 par Lala Kaboré/Dera

 

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