Rosa Parks: la femme qui s’est tenue debout en restant assise

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Elle est devenue célèbre le 1er décembre 1955 , à Montgomery (Alabama) en refusant de céder sa place à un passager blanc. Elle c’est Rosa Parks, l’une des figures de la lutte contre la ségrégation.

Le 1er décembre 1955, Rosa Parks avait refusé de céder sa place à un blanc dans un autobus de la ville de Montgomery comme c’était alors la règle dans tout le sud des Etats-Unis, où était imposée une ségrégation raciale très stricte, séparant les lieux publics en lieux réservés aux Noirs d’un côté et aux Blancs de l’autre.

Les bus de cette ville de l’Alabama, un État parmi les plus racistes du sud des États-Unis d’alors, étaient utilisés à 75% par la population noire qui, à cette époque, n’avait guère de voitures. Sur leurs trente-six places assises, les dix places de devant étaient réservées aux Blancs. Les dix de derrière revenaient aux Noirs. Les seize places intermédiaires étaient laissées à l’appréciation du conducteur. Dans le meilleur des cas, s’il y avait plus de vingt-six Noirs à bord, ils devaient laisser libres les dix places des Blancs, même s’il n’y en avait aucun à bord. En revanche, en cas d’affluence, la loi imposait que les Noirs cèdent leur place.

C’est ce que refusa Rosa Parks, une couturière de 42 ans, et militante d’un mouvement modéré pour les droits des Noirs (NAACP). Le chauffeur du bus, James Blake, appela la police, elle fut arrêtée, fut jugée et condamnée à payer une amende.

La NAACP, décidée à réagir, appela au soutien de l’Église noire locale. Ils créèrent une nouvelle organisation dont la présidence fut donnée à Martin Luther King, un pasteur de 26 ans récemment arrivé à Montgomery. Et ils appelèrent au boycott par la communauté noire des bus de la ville pendant un an, en faisant adopter par les manifestants trois revendications : traitement courtois dans les bus; le premier arrivé peut s’asseoir (mais les Blancs restaient devant et les Noirs derrière); embauche de chauffeurs noirs.

Pendant 381 jours, à Montgomery, ils choisirent de se rendre à pied au travail pour faire céder les autorités. Ce boycott fut aussi l’un des premiers chapitres de la lutte menée par les Noirs américains contre la ségrégation raciale : le 13 novembre 1956, la Cour suprême des États-Unis cassait les lois racistes locales.

Le New York Times la dénommera quelques années plus tard « la matriarche accidentelle du mouvement des droits civiques ». Mais, s’il était spontané, son refus, n’avait rien d’accidentel. Dans son autobiographie, Rosa Parks explique que c’était surtout par lassitude à la fin d’une journée qu’elle avait refusé de céder sa place. Mais, dit-elle, sa lassitude venait d’abord de son sentiment de révolte contre le fait que les Noirs devaient toujours céder aux Blancs.

« Les gens racontent que j’ai refusé de céder mon siège parce que j’étais fatiguée, mais ce n’est pas vrai. Je n’étais pas fatiguée physiquement, ou pas plus que d’habitude à la fin d’une journée de travail. Je n’étais pas vieille, alors que certains donnent de moi l’image d’une vieille. J’avais 42 ans. Non, la seule fatigue que j’avais était celle de céder », a expliqué Rosa Parks

En 1964, le président démocrate Lyndon Johnson signera la loi sur les droits civiques. Quant à Rosa Parks, elle poursuivra son engagement et créera le Rosa and Raymond Parks Institute for Self Development visant à faire découvrir les sites importants du mouvement pour les droits civiques.

En 1990, Nelson Mandela, tout juste libéré de prison, lui rendra visite à Detroit, où elle a établi domicile. Elle y décédera, le 24 octobre 2005. Honneur suprême et national, sa dépouille sera exposée au Capitole, à Washington, durant deux jours, à deux pas de la statue d’Abraham Lincoln, le président américain ayant aboli l’esclavage.

Après son décès, durant plusieurs jours, les premières places des bus de Montgomery resteront vacantes. Sur les sièges, une photo de la couturière entourée d’un ruban et portant cette ­inscription : « La société de bus rend hommage à la femme qui s’est tenue debout en restant assise. »

Source: sudouest.fr; jeuneafrique.com

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