Rencontre avec Mariétou et Adjaratou, productrices de pommes de terre

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La culture maraîchère est le domaine de prédilection des femmes dans bien des régions du Burkina Faso. A Ouahigouya, dans la région du nord, épicentre de cette culture, nous avons rencontré deux femmes exceptionnelles, productrices de la pomme terre. Voici leur histoire.

Cela fera bientôt 5 ans que Sana Mariétou mère de 4 petits garçons et son associée, Savadogo Adjaratou, elle aussi femme au foyer et mère de 3 enfants se sont lancées dans la culture maraichère. Au secteur 10 de Ouahigouya ces 2 dames travaillent ensemble sur une superficie d’environ 4 hectares. Pour Sana Mariétou le travail est assez pénible et demande une bonne condition physique.  « En raison du fait que nous n’avons pas de motopompe pour tirer l’eau du puits nous sommes obligées de le faire avec nos muscles afin d’arroser nos pommes de terre chaque jour », explique Mariétou .

Mariétou et Adjaratou dans leur exploitation

Une fois la pomme de terre tirées de terre ,  en principe l’étape de la conservation devrait suivre mais par faute de moyens les 2 associées tout comme la grande majorité des petits producteurs s’empressent de mettre  leurs récoltes dans les circuit de distribution et de le vendre car pour la conservation  ils leur faut une chambre froide et de l’électricité chose difficile pour .Par conséquent  la seul issue les producteurs de ce niveaux reste l’écoulement, lequel écoulement se fait à 2 niveaux, les commerçantes de la localité mais surtout les gros acheteurs qui ont la capacité d’acheminer les pommes vers la capital Ouagadougou.

A en croire à leur propos, dans la majorité des cas les producteurs vendent leurs récoltes à « crédit ».  Car affirment-elles, « compte tenu du fait que nous n’arrivons pas à assurer la conservation nous nous sentons obligées de vendre nos pommes de terre   à des gens qui viennent les prendre et les acheminent sur Ouagadougou ou ailleurs pour la vente avant de nos payer notre argent ». Pour cette saison les braves dames ont produit « 5 tonnes ». Elles disent vendre le kilogramme du tubercule dans la fourchette de 200fcfa à 250 FCFA.

 Selon Adjaratou et Mariétou, la pomme de terre était beaucoup plus rentable autrefois. Elles regrettent aussi que ces dernières années l’activité soit mise à mal par le changement climatique. « La fraîcheur contribue énormément à améliorer le rendement du tubercule jaune or ces dernières années elle tend à être moins forte », conclut-elles.

En plus de la pomme de terre dont la culture ne dure que sur trois mois, Mariétou et Adjaratou produisent également la tomate, l’oignon, le poivron …

Toute chose qui leur permet de vivre de leur travail tout au long de l’année.

                                                                                                    Sogoh Sanou

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