Réhabilitation de la route Ouaga-Fada : les vendeuses du marché de Dassassogho dans le désarroi

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La réhabilitation de la route nationale 4 (Ouaga-Fada N’Gourma) ne se fait pas sans dommage pour les vendeuses au bord du marché de Dassassogho. Ces dernières sont dans le désarroi en attendant la fin des travaux.  Témoignages.

Prévue pour s’achever d’ici à février 2018, la réhabilitation du tronçon urbain de la route nationale n°4 (axe Ouagadougou-Fada N’Gourma) a une incidence non négligeable sur l’activité économique des femmes qui vendent à proximité de la voie. Dans la matinée du 8 novembre 2017, nous nous sommes rendu aux alentours du marché de Dassassogho pour constater de visu la situation de ces vendeuses sur une route en pleine réfection. Elles racontent leur quotidien depuis le démarrage des travaux.

Fatimata Tarnagda est vendeuse de mets locaux

Fatimata Tarnagda est vendeuse de mets locaux (haricot, petit pois, etc.). Assise sous un hangar à peine recouvert au bord d’une route en pleine réhabilitation, des plats disposés sur une table contenant des mets, deux bancs et une table déposés pour les clients, la vieille Fatimata exerce ce commerce de mets depuis environ deux ans. Veuve de son état et espérant se faire un peu d’argent, voilà que la réfection de la voie vient la contrarier.  « Présentement, je n’ai presque plus de clients à cause de la réfection de la route. Il y a trop de poussière et les gens n’empruntent plus la voie. C’est pourquoi j’ai couvert ainsi mes plats. Depuis que je suis assise ce matin, seul ce jeune que vous voyez s’est intéressé à ma nourriture en achetant pour 200FCFA », se désole-t-elle.  Elle se dit obligée de rentrer avec, comme d’habitude, le reste de la nourriture pour manger avec ses petits-fils. « Pourtant, je paie assez cher le haricot et le petit pois (1250 FCFA le plat et j’achète au moins deux plats) et je ne gagne pas de bénéfice », déplore dame Fatimata. C’est dur comme elle-même le précise et le moins que peut espérer cette vieille est que les travaux se terminent rapidement avant que tous ses clients ne s’enfuient.

Jeanine Toé, vendeuse de fruits

Même son de cloche pour Jeanine Toé, une jeune vendeuse de fruits. Elle est assise sur son tabouret dans un carré, juste à quelques mètres de la vieille Tarnagda. Elle exerce cette activité depuis 2006. « Quand je pense qu’avant la réfection de cette route, je pouvais vendre 50 000 francs CFA par jour et que, maintenant, je peine pour rentrer avec 5 000 francs CFA seulement le soir, j’ai vraiment mal. Il est midi et depuis que je suis sortie, je n’ai rien empoché. », dit-elle tristement. Plus loin, elle nous laisse entendre ceci : « Ce lot de papaye que vous voyez ne suffisait même pas à un seul client. Mais voilà que ça commence à pourrir et je serai obligée de donner à manger aux enfants avant que tout ne se gâte », regrette Jeanine. En plus d’être exposée quotidiennement à la poussière, la jeune dame avoue qu’elle n’est plus en mesure de récupérer l’argent dépensé ni espérer un quelconque bénéfice. Ce qui fait que, de temps en temps, elle se promène pour vendre.

A l’image de ces deux femmes, bien d’autres commerçants sont victimes des travaux de réfection de la route. « C’est évident que le marché n’y est plus et le bénéfice a considérablement diminué de plus de la moitié », affirme Harouna Ouédraogo, vendeur d’articles divers.

Harouna Ouédraogo, commerçant

Même si tous sont unanimes que la réfection de la nationale 4 est une priorité, de l’amertume, de la tristesse et du désespoir se lisent sur les visages des personnes qui vendent au marché de Dassasgho.  Leur vœu est que les travaux finissent le plus rapidement pour qu’elles puissent retrouver le sourire.

                                                                                             Assétou Maiga

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