Le rapt, encore appelé enlèvement des jeunes  filles est un phénomène assez répandu dans la région du nord. Un séjour à la Gendarmerie et à la justice nous a permis de nous rendre compte de cette évidence qui est n’est rien d’autre qu’une forme de mariage d’enfants.

 « Le monsieur convoite une fille, une mineure de surcroît et organise son enlèvement dans le but de régulariser les règles de la coutume par la suite ». Ce phénomène qu’on appelle le rapt est toujours d’actualité dans la région du Nord au Burkina Faso. Selon le commandant du groupement de Gendarmerie départementale de Ouahigouya, Capitaine Modeste Gyngani, au total 21 cas d’enlèvements d’enfants ont été enregistrés au niveau de la région au cours de l’année 2017. Pour l’année 2018, déjà 12 cas d’enlèvements dont un cas dans la ville de Ouahigouya ont été signalés.

Commandant du groupement de gendarmerie départementale de Ouahigouya, Capitaine Modeste Gyengani

Pour le Procureur du Faso, près le Tribunal de Grande Instance de Ouahigouya, Benebo Simon Gnanou, il n’est  pas si simple de résoudre  les cas d’enlèvements. « Pour le dernier cas qu’on a eu récemment, le mis en cause avait envoyé l’enfant mineure jusqu’à Bobo, après l’avoir prise dans la localité de Thiou. Et pour les faire venir, c’était un problème, il a fallu user de stratagèmes pour convaincre la famille du mis en cause de faire venir l’enfant », a-t-il fait savoir.

Le rapt, a expliqué le capitaine Gyngani, est considéré comme une infraction et s’accompagne généralement d’infractions connexes  notamment des cas d’enlèvements, séquestration, viol etc.

« Pendant l’année judiciaire écoulée, nous avons eu une dizaine de dossiers enrôlés pour les cas d’enlèvement de jeunes filles pour leur imposer le mariage. Parmi  ces dossiers, il y a un seul prévenu qui a fait l’objet d’une condamnation ferme pacque la jeune fille était âgée de 13 ans et à maintes reprises, il a entretenu des relations sexuelles avec la petite. Il a écopée d’une peine d’emprisonnement ferme de 12 mois.  Pour les autres cas, c’est le sursis », a relevé le procureur Gananou.

Le rapt ou l’enlèvement de filles est puni par la loi.

‘’Constitue un rapt le fait pour une personne d’enlever de force une femme ou une fille en vue de lui imposer le mariage ou une union sans son consentement. Est puni d’une peine d’emprisonnement de 6 mois à 5 ans et d’une amende de 500 mille et 1million tout auteur de rapt. Lorsque l’auteur du rapt s’est livré à des sévices sexuels ou à un viol sur la victime, la peine est un emprisonnement  de 5ans à 10 ans et d’une amande de 1 million à 5 millions’’, a expliqué le procureur du Faso, près le Tribunal de grande instance de Ouahigouya.

A l’entendre, les parents sont la plupart du temps poursuivis pour complicité. Ceux-ci doivent, affirme le capitaine Gyngani se rendre compte des préjudices qu’ils causent à leurs enfants et respecter les dispositions légales en matière d’union au Burkina.

Pour cela, il y a encore lieu selon le procureur Gnanou, d’informer et de sensibiliser dans les localités les plus reculées où malheureusement, beaucoup de gens croient en ce facteur culturel et sont convaincus que c’est par cette voie qu’ils peuvent avoir des femmes.

Le mariage est clairement encadré par des dispositions légales va dire le capitaine Gyngani, d’où la nécessité de rompre avec ces pratiques qui ne permettent pas aux filles de poursuivre leurs études.

Assétou Maiga

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