Rebeca Gyumi, l’avocate tanzanienne qui milite contre le mariage des enfants

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L’âge minimum au mariage est désormais fixé à 18 ans dans en Tanzanie. La loi qui permettait aux jeunes filles de se marier à 14 ans grâce à une autorisation d’un tribunal et à 15 ans avec le consentement parental a été abrogée, et ce grâce à l’engagement et au militantisme de l’avocate Rebeca Gyumi.

En 2019, le Tribunal de grande instance de Tanzanie a déclaré inconstitutionnels les articles de la loi sur le mariage qui rendaient possible le mariage des filles de 14 ans. Un acquis pour la promotion des droits des femmes en Tanzanie réalisé grâce au travail acharné de l’avocate Rebeca Gyumi.

Diplômée en droit de l’Université de Dar es Salaam en Tanzanie, elle exerce comme avocate et s’implique dans les questions relatives à la jeunesse, aux droits des femmes. Elle travaille au sein de différentes organisations de promotion des droits des jeunes. Elle travaille entre autres pendant 8 ans, au sein de l’organisation Femina qui s’occupe des jeunes.

En 2012, elle est coordinatrice de la campagne nationale sous le gouvernement menée par la Tanzania Education AUthority (TEA). Une opération dont l’objectif est de collecter des fonds pour construire des auberges pour les filles contraintes d’abandonner les études en raison de longues distances entre leurs domiciles et l’école.

 

En 2013, l’Ambassade des Etats-Unis en Tanzanie la sélectionne pour participer au Programme de leadership des visiteurs internationaux pour les jeunes ayant un potentiel de leadership.

Elle milite aussi, en particulier en faveur des droits des jeunes filles et s’implique dans plusieurs campagnes, à l’instar de « Girls not Brides » dont l’objectif est de mobiliser les ressources pour lutter contre le mariage des enfants dans le monde. Elle fonde par la même occasion « Mischana Initiative », une ONG tanzanienne dont la mission est de rendre les filles autonomes grâce à l’éducation et à affronter les principaux écueils qui empêchent les filles de jouir de leur droit à l’éducation.

 

Dans ce cadre, elle dépose en 2016, en tant qu’avocate, une pétition contre les textes juridiques permettant le mariage des enfants au Tanzanie, notamment la loi tanzanienne sur le mariage de 1971. Pendant plusieurs années, elle se mobilise pour que la loi tanzanienne promeuve l’égalité de genre, les droits des femmes dans le pays. En 2019, elle obtient gain de cause. La loi sur le mariage est déclarée inconstitutionnelle et l’âge au mariage est rehaussé à 18 ans. Une avancée considérable pour la promotion des droits des femmes en Tanzanie.

En raison de son engagement pour la promotion des droits des jeunes, des filles, elle a obtenu plusieurs distinctions. En 2016, elle a décroché le « Prix des anciens du Programme de leadership des visiteurs internationaux » dans la catégorie de l’innovation sociale et du changement. En 2018, elle a reçu le prix Tanzanie Women Achievement. La même année, elle a aussi décroché le Prix du siège des Nations-Unies dans la catégorie des droits de l’Homme des Nations Unies. En 2020, elle a été classée dans la liste des 100 femmes de la BBC.  africawomenexperts

 

 

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