Rasmata Compaoré, la plus jeune maire de Ouagadaougou

474

 

Arrivée dans le milieu de la politique en 2014, Rasmata Nadembega née Compaoré a été élue maire de l’arrondissement n°12 de la capitale burkinabè aux dernières élections municipales. Une élection qu’elle doit surtout à son dévouement et sa combativité sur le terrain depuis la période des insurrections. Echange avec une battante qui a su imprimer sa marque dans le parti du « soleil levant ».

« Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre d’années », dit un adage. Cette maxime illustre bien la vie et le combat de Rasmata Compaoré. A 32 ans, la jeune mère de deux enfants, est celle qui va désormais diriger la mairie de l’arrondissement n°12 de la ville de Ouagadougou.

Suite aux nombreuses vagues de démission des militants de l’ex parti au pouvoir CDP, RasmataCompaoré est très vite enchantée par le programme du nouveau parti qui venait de naître, le MPP. Ainsi, elle s’embarque dans le parti des « RSS ». « J’étais tout le temps avec les camarades. J’ai été présente sur tous les fronts de combat en passant par le remplissage recto-verso des stades. Je mobilisais les femmes pour la bonne cause », se souvient-elle.

Militante de première heure et présidente des femmes du Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP) du secteur n°53, la nouvelle élue veut donner un autre visage à l’arrondissement n°12.

A peine élue, Rasmata Nadembega pense déjà à la résolution des difficultés auxquelles sont confrontées les populations de son arrondissement. « Mes ambitions premières pour notre arrondissement, c’est de résoudre les questions d’infrastructures sanitaires et éducatives sans oublier la voirie », indique-t-elle.

Selon le nouveau maire, les maternités sont en souffrance, les CSPS manquent du moindre matériel nécessaire. Il faut obligatoirement résoudre ces questions, dit-t-elle car c’est l’une des priorités inscrites dans ses promesses de campagne.

Le nouveau bourgmestre, qui a une expérience dans le domaine du développement local, veut mettre ses connaissances au service des populations de son arrondissement. En effet après l’obtention de son baccalauréat série G2, elle a d’abord étudié la sociologie puis la gestion commerciale et marketing avant de se spécialiser dans la gestion des projets.

La jeune maire se réjouit du fait qu’elle n’aura pas à gérer les questions de lotissement tout comme les autres maires, puisse que le président de l’assemblée nationale a fait savoir que la question foncière n’est plus du ressort des maires. En effet pour elle, cela permettra aux maires de se concentrer sur les problèmes d’infrastructures et autres questions de développement de leur arrondissement.

A propos des violences observées autour de l’élection de certains maires, la jeune dame se dit profondément attristée. Tout en ayant une pensée pour les femmes endeuillés ou affectées, elle a appelé les acteurs à mettre au-dessus de tout, l’intérêt supérieur de leur commune.

       Gervais Nadembega, un soutien de taille pour le nouveau maire

Si la jeune politicienne a très vite gravi les échelons pour se hisser à la tête de l’un des arrondissements les plus convoités de la capitale burkinabè, c’est grâce au soutien sans faille de Gervais Nadembega, son époux.

Un homme qui, dans l’ombre a su comme le fait savoir le nouveau maire, lui prodiguer de précieux conseils. « Mon époux m’a beaucoup soutenu. Il n’a hésité à aucun moment de m’encourager et je lui suis sincèrement reconnaissante », avoue-t-elle.

Pour Gervais Nadembèga, l’élection de son épouse n’est qu’un effort mérité. « Quand elle a décidé de s’intéresser à la politique, je n’ai pas hésité à la soutenir. Au contraire, je pense qu’il faut exhorter les femmes à s’intéresser davantage  à la chose politique», fait-il savoir.

                                                                                                                 Issa KARAMBIRI

                                                                                              Karambiri.issa@gmail.com

Laissez votre commentaire ici !