Plus de 150 migrants burkinabés en provenance de la Lybie ont rejoint le bercail dans la soirée du mercredi 19 avril 2017.Quelques-unes des femmes nous racontent leurcalvaire.

Zéliatou Yabré, voile blanc sur la tête, l’air très fatiguée, fait partie des 154 rapatriés ayant foulé le sol de leur pays natal ce 19 avril. Originaire de Garango dans la région du Centre-Est, elle raconte comment son aventure Lybienne à tourner au vinaigre : «La vie en Lybie est très dure. Il y’a beaucoup de maltraitance là-bas. Nous avons beaucoup souffert des raquettes. Mon mari est revenu au Burkina Faso avant moi, à présent, il compte repartir mais je vais tout faire pour l’en empêcher car il n’y a pas d’argent là-bas et l’on souffre beaucoup . Pour une autre rapatriée ayant requis l’anonymat, la vie en Lybie est ni plus ni moins que l’enfer.

 

Zéliatou Yabré, rappatriée  de Lybie

« J’ai rejoint la Lybie parce que mon mari y était. Sincèrement, nous y avons vécu l’enfer. J’ai travaillé en tant que vendeuse de légumes durant un an, je n’ai jamais reçu de paie. Si tu te plains on te tue et puis, il y a rien. Parfois des gens viennent prendre votre argent ou votre téléphone et tu ne peux rien dire. Aussi, on viole les femmes même mariées devant leurs maris qui ne peuvent pas s’opposer au risque de se faire tuer », a-t-elle confié. Sur un ton de colère, elle affirme que la Lybie n’est pas un pays ou un émigré peut vivre en paix. Aussi, elle n’hésite pas à déconseiller tous ceux qui auraient envie de s’y rendre . « Je demande à mes frères sœurs de rester dans leur pays d’origine et de vivre du peu qu’ils gagnent », lance-t-elle avant de s’en aller.

Elles sont au total 7 femmes sur les 154 migrants burkinabés venus de la Lybie. Arrivés aux alentours de 17h à l’aéroport international de Ouagdougou, ces migrants ont été conduits sur le site d’hébergement du centre d’accueil d’urgence de Somgandé où ils seront pris en charge par le CONASUR (Conseil National de Secours d’Urgence et de Réhabilitation). Des frais de subside d’un montant de 32.000 francs CFA seront remis à chacun d’eux afin de leur permettre de rejoindre leur localité d’origine et subvenir aux besoins élémentaires liés aux voyages.

 

L’ accueil des rappatriés à l’aéroport

Leur retour volontaire a été facilité par le ministère des Affaires étrangères, de la Coopération et des Burkinabè de l’extérieur en collaboration avec celui en charge de la solidarité nationale et l’organisation internationale pour les migrations (OIM).

Selon le directeur pays de l’OIM Burkina Faso, Abdel Rahmane Diop, son organisation va fournir en plus de l’assistance humanitaire, une aide à la réintégration au profit de 30 migrants. Elle s’élevé à environ 655.000 francs CFA par bénéficiaire. Sur la base de leur vulnérabilité, les femmes seront systématiquement sélectionnées.

Lala Kaboré/Dera

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