Qui est Elisabeth Moreno, la ministre chargée de l’égalité Femmes-Hommes dans le nouveau gouvernement français ?

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Née le 20 septembre 1970 au Cap-Vert, Elizabeth Moreno a été nommée ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes dans le nouveau gouvernement français. Découvrons qui est cette femme.

Rien ne la prédestinait à cela car reconnaît-elle, « j’ ai été élevée avec ses cinq frères et sœurs dans une cité d’Athis-Mons (Essonne), par un papa ouvrier sur les chantiers et une maman femme de ménage… ». Arrivée en France à l’âge de 7 ans, elle représente par son parcours l’émancipation, non seulement en tant que femme mais en tant qu’immigrée.

Elisabeth Moreno crédit photo: AMINA MAG)

La nouvelle ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes est titulaire d’une maîtrise en droit des affaires décrochée à l’université Paris-XII. Elle commencera sa carrière dans un cabinet juridique, mais l’expérience sera de courte durée. Frustrée de traiter « des dossiers de chiens écrasés et d’immigrés dont personne ne veut », Élisabeth Moreno se lance dans l’entrepreneuriat avec son premier mari. À la clé, une PME dans le domaine du bâtiment qui comptera jusqu’à 30 collaborateurs. Elle a juste vingt ans. Quand sept ans plus tard, pour cause de divorce, elle plaque tout. Elle obtiendra un poste à France Telecom (actuel Orange) en 1998 où elle avait en charge le département ventes PME-PMI de Paris Sud, avant d’intégrer le constructeur d’ordinateurs Dell, dont elle prend en charge en 2002 les grands comptes.

Parallèlement, elle choisit de se perfectionner en suivant en 2006 un Executive MBA à l’Essec et à l’université de Mannheim en Allemagne. Celle qui ne lâche rien fondera avec d’autres Cap-Verdiens le Cabo Verde Business Club, en 2005, et à s’impliquer dans la Casa Cabo Verde.

Au-delà, cette admiratrice de Nelson Mandela, panafricaine dans l’âme, a aussi labouré le champ de la diaspora africaine. Cela lui a valu de décrocher le Prix d’excellence 2019 du Club Efficience présidé par le Dr Elie Nkamgueu qui avait vu en elle, huit ans auparavant, l’incarnation d’une génération montante et inspirante pour les jeunes Franco-Africains. Ce qui avait attiré Elisabeth Moreno, c’était l’idée, concrétisée depuis, de bourse d’études à des jeunes méritants. 

2012, c’est l’année où elle passe véritablement à la vitesse supérieure. Recrutée comme présidente de l’entité française de Lenovo, société fondée en 1984 par Liu Chuanzhi .

Élisabeth Moreno affiche son engagement pour l’égalité femmes-hommes et pour l’égalité des chances. Illustration : son comité de direction est quasiment à parité et la patronne qu’elle est ne fait pas mystère de sa volonté de donner leurs chances aux femmes à chaque ouverture de postes.

« Élisabeth est un modèle pour beaucoup de femmes « 

En 2015, elle ajoute une corde à son arc. Après une formation à l’École nationale de magistrature, la voilà juge consulaire bénévole au tribunal de commerce de Bobigny. Cette facette ajoutée aux implications dans des associations à impact illustre un engagement au-delà du professionnel : un engagement citoyen, un engagement pour construire avec les autres.

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Jusqu’à sa nomination le 6 juillet dernier, la nouvelle ministre déléguée en charge de l’Égalité femmes-hommes, de la Diversité et de l’Égalité des chances travaillait chez Hewlett-Packard en tant que vice-présidente en charge de l’Afrique depuis janvier 2019.

Une chose est sûre : être discrète, femme, noire, élevée dans une cité ne l’aura pas desservie. Son « amour du challenge » aura certainement fait la différence. Mère de deux filles, et âgée de 50 ans, Élisabeth Moreno est membre du cercle InterElles, un réseau d’entreprises engagées pour la mixité et l’égalité professionnelle dans les secteurs scientifiques et technologiques, où les femmes sont encore rares. Elle intervient également dans les écoles des quartiers prioritaires. « Élisabeth est un modèle pour beaucoup de femmes : elle est partie de rien, a beaucoup travaillé pour arriver là où elle est, n’a jamais été aidée et n’avait aucun réseau. Elle s’est faite seule« , rapportait l’an passé sa soeur Isabel au Figaro

F.S.O

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