Promotion du Faso Danfani: le concours des stylistes sollicité

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Le projet de promotion de l’entreprenariat féminin au Burkina Faso porté par l’Association des femmes tisseuses de Ponsomtenga (AFEPO) a initié une rencontre de plaidoyer avec les stylistes le jeudi 28 décembre 2017 à Ouahigouya. L’idée est d’amener ces designers nationaux à un approvisionnement direct des pagnes tissés par les quatre structures bénéficiaires du Fonds Commun Genre (FCG).

Il faut créer un partenariat durable entre les tisseuses et les stylistes pour une consommation accrue du Faso Danfani et une autonomisation économique des femmes tisseuses. C’est dans cet élan que s’inscrit la rencontre de plaidoyer avec les stylistes du jeudi 28 décembre 2017 à Ouahigouya.

Ils sont une dizaine de designers venus de Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, Fada N’Gourma et de Ouahigouya pour un échange franc sur la consommation et la valorisation de ce pagne traditionnel, avec ces quatre associations féminines bénéficiaires de l’accompagnement du FCG. Ce sont l’Association des femmes tisseuses de Ponsomtenga (AFEPO) à Ouagadougou, la Coopérative Faso textile (COFATEX) de Bobo-Dioulasso, l’Association Zoodo pour la promotion de la femme (AZPF) de Ouahigouya et l’Atelier la Grâce du Gulmu (AGG) de Bogandé-Fada N’Gourma.

Pour le coordonnateur du projet, Ama Amasaï Lankoandé, la rencontre de Ouahigouya est née du fait que les stylistes nationaux utilisent le Danfani et l’objectif est que ces stylistes puissent s’approvisionner auprès des bénéficiaires du projet. « Étant donné qu’elles ont bénéficié de renforcement de capacités, ces femmes ont la capacité de produire différentes textures de Danfani, du tissu lourd, du tissu léger, du tissu biologique et chimique pour les stylistes », a-t-il lancé.

      Ama Amassai Lankoandé, coordonnateur du projet AFEPO

 

Quant à la porte-parole des quatre bénéficiaires, Djélia Sakandé/Konaté, c’est une satisfaction commune. « Cette rencontre est la bienvenue en ce sens qu’elle nous a permis de savoir comment les stylistes peuvent se procurer de nos tissus. Nous avons besoin d’eux pour l’écoulement de nos produits. Nous nous sommes connus davantage et une confiance s’est installée », a-t-elle souligné.

Sakandé/Konaté Djélia, porte-parole des bénéficiaires

 

Ces stylistes ont également salué l’initiative, nonobstant quelques difficultés relevées qui sont entre autres, liées au paiement cash des pagnes livrés par les femmes, la non disponibilité de certains tissus demandés, les difficultés au niveau des couleurs, le non-respect des rendez-vous, etc.
Pareillement, les tisseuses ont fait cas des embarras rencontrés souvent lors du remboursement des crédits, l’achat du fil qui se fait au comptant et la rémunération des femmes qui tissent.
Mais, au regard de la nécessité d’un partenariat gagnant-gagnant entre ces travailleurs du Danfani, un terrain d’entente a été trouvé.

Les quatre responsables des associations de tisseuses bénéficiaires de l’appui du FCG

Des engagements prometteurs

Le principe d’accord de partenariat étant acquis, les recommandations formulées sont entre autres, élaborer un projet de contrat entre tisseuses et stylistes, travailler avec plus de professionnalisme, accompagner les tisseuses à la base pour l’acquisition du fil, accompagner les structures transformatrices (salon d’exposition, foire, marché), donner la priorité aux commandes des stylistes, accompagner les structures dans la gestion administrative, etc.

Selon Martine Somé, styliste-costumière, « il y a eu de belles discussions entre les tisseuses et les transformateurs de produits finis. Les tisseuses sont disposées à offrir de la qualité et de la quantité en tissu et au niveau de la stabilité de la couleur et dans la texture. Je suis optimiste quant à la concrétisation de ces engagements pris ». Néanmoins, le souci majeur commun reste la maîtrise de la main d’œuvre ouvrière aussi bien du côté des tisseuses que des stylistes, a-t-elle ajouté.

Martine Somé, Styliste Costumière, Kazis Design

De son côté, Soumana Natama, chargé de projet à Belle épine du Gulmu, fait savoir que sa structure travaille principalement avec le Danfani. «  Nous faisons des vestes, des tee-shirts, des accessoires. Nous produisons sur coupe-mesure et faisons du prêt-à-porter. Je suis content de savoir que je peux me procurer de tissu Faso Danfani à AGG Fada N’Gourma », confie t-il. De son avis, les contacts noués permettront de confectionner des tenues de qualité pour les clients nationaux et internationaux.

Soumana Natama, Chargé de projet à Belle épine du Gulmu

 

Yempabo Naba, le chargé de programme Diakonia en charge du management du Projet de FCG, pour sa part, s’est dit satisfait en ce sens qu’Il faut réaliser des activités stratégiques qui permettent aux partenaires de continuer au-delà du partenariat formel qui existe. « Pour atteindre l’autonomisation économique des femmes, nous avons bien voulu agir dans la production. Et c’est l’objet de ce plaidoyer qui a réuni les stylistes pour les inviter à identifier leurs besoins réels, pour que les structures de tissage puissent satisfaire leur demande », a-t-il indiqué.

 

Une invite a été faite aux stylistes de relayer le message auprès de leurs pairs afin de faire du Danfani une marque de mode originale et incontestable.

 

Assétou Maïga

assetou.maiga@queenmafa.net

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