Dans l’optique de favoriser un plus grand accès des femmes rurales aux ressources essentielles, le collège des femmes de la confédération paysanne du Faso a organisé ce vendredi 29 mars 2019 à Ouagadougou un atelier de réflexion pour  analyser la déclaration de politique générale du premier ministre en lien avec le secteur rural et les préoccupations les femmes.

« Mon gouvernement sera également attentif à toute mesure visant l’amélioration du bien-être de la femme… », déclarait le premier ministre Christophe DABIRE le 18 février 2019 à l’hémicycle pour défendre sa politique générale. Une déclaration qui lors de cet atelier a fait l’objet d’analyse par rapport à la prise en compte des préoccupations des femmes rurales.

Dienaba DIALLO, présidente du collège des femmes de la confédération paysanne du Faso

Cette procédure selon Dienaba DIALLO, présidente du collège des femmes de la confédération paysanne du Faso, s’inscrit dans le cadre de la vérification de leurs dix (10) actions préalablement soumis au gouvernement. En effet, indique-t-elle, « depuis 2015 nous avons soumis aux autorités politiques un manifeste de 10 mesures qui concerne les femmes rurales et sur lequel il devait s’engager avant les élections. Chaque année, nous faisons un état de lieux de ces mesures pour voir si les préoccupations des femmes ont été prises en compte par rapport à ces 10 mesures »

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Madiara Véronique SANOU, productrice à Orodara,

De ces dix mesures, l’accès des femmes aux terres aménagées et aux intrants agricoles demeure le cri de cœur des femmes rurales. Alors que le gouvernement a promis  d’accorder 30% des terres aux femmes, les femmes rurales disent être toujours impatientes de la mise en œuvre effective de cette décision.  Car jusqu’à présent déclare Madiara Véronique SANOU, productrice à Orodara, le gouvernement a commencé à donner les parcelles aménagées aux femmes, nous avons demandé 30% des terres, un effort a été fait mais nous attendons encore plus. Nous sommes impatientes d’atteindre les 30%. Nous voulons également que les intrants agricoles accordés aux femmes rurales soient revu à la hausse.

Les femmes rurales ne se retrouvent pas dans les chiffres donnés par le ministère de la femme

Au cours de cet atelier un rapport du ministère de la femme indiquait que 47% des superficies aménagées ont été octroyées aux femmes en 2018. Un rapport qui n’a pas reçu l’approbation des femmes rurales. Il y a lieu selon les recommandations issues de cette rencontre, de mener une étude indépendante sur le pourcentage réel des terres accordées aux femmes.

Le collège des femmes de la confédération paysanne du Faso œuvre à l’autonomisation des femmes rurales et à faire respecter leur droit. En rappel, le collège des femmes de la CPF s’est engagé en 2015 dans une campagne de plaidoyer dénommée «  les femmes rurales pour un Burkina sans faim ». Une campagne à l’issu duquel un manifeste de dix (10) mesures a été élaboré pour interpeller  les partis politiques sur le rôle de la femme rurale dans la lutte contre la faim.

Mary Sorgho

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