Procès de l’insurrection populaire de 2014 : les regards tournés vers le Conseil Constitutionnel

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Le procès du dernier gouvernement de Blaise Compaoré a repris ce lundi 15 mai 2017. Des requêtes déposées par des avocats de la défense ainsi que ceux des victimes au Conseil Constitutionnel ont conduit à une suspension du procès en attendant la décision du Conseil Constitutionnel.

 

Du côté des avocats la défense, les requêtes déposées au niveau du Conseil Constitutionnel se rapportent   aux fins d’inconstitutionnalité déjà soulevées lors de l’audience du 8 mai dernier.

 

Il s’agit du fait que   la Haute Cour de Justice ne prévoit pas le double degré de juridiction. Ce qui signifie qu’il n’existe aucune possibilité de recours pour les accusés après une décision du tribunal. Il y’a également des requêtes   concernant   la loi sur le statut de la Haute Cour de Justice.

 

Du côté des avocats des victimes de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014, les requêtes déposées visent à ce que ces derniers puissent participer à la manifestation de la justice. Face à cette situation, la Haute Cour de Justice a observé une suspension d’une heure afin que les différentes requêtes déposées au Conseil Constitutionnel soient examinées.

 

Après un peu plus d’une heure et demie de pause, le président de la haute cour de justice annonce la suspension de l’audience afin que le Conseil Constitutionnel sursoit à statuer sur la question dans un délai maximum de 30 jours à compter de sa saisine.

 

Une satisfaction pour la défense ainsi que pour la partie civile

Pour l’un des avocats de la partie civile, Me Guy Hervé Kam, la requête des victimes était nécessaire : « Nous avons constaté que lors des précédentes audiences, ils (NDLR : anciens ministres du dernier gouvernement de Blaise Compaoré)  étaient partis dans des procédures qui montrent clairement qu’ils ne sont pas prêts à se repentir, à reconnaître leur responsabilité. En ce moment, il est important que la partie civile puisse participer à ce procès pour pouvoir obtenir la manifestation de la vérité…»

 

Pour Me Odilon Gouba avocat de la défense, c’est une satisfaction. «  C’est une victoire pour la justice….nous sommes des hommes droits. Si le Conseil constitutionnel décide d’aller dans un sens ou un autre, nous allons nous soumettre à cette décision »,  a-t-il expliqué.

 

Quant au président de l’Association des blessés de l’insurrection populaire(ABIP), Dramane Ouédraogo, c’est un bon élan pour que la vérité soit connue . « Nous sommes prêt à accepter toute décision du conseil constitutionnel », a-t-il déclaré.

Lala Kaboré/Dera

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