« Nous poursuivrons en justice toute personne qui imprimera notre pagne du 8 mars pour l’introduire à l’intérieur du pays », Justine Kafando

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Le pagne officiel du 8 mars est connu. Afin de combattre la contrefaçon qui sape chaque année les efforts des tisseuses, la fédération nationale des Tisseuses du Burkina a pris le devant pour protéger ledit pagne. Explication avec Justine Kafando, la présidente de la fédération des Tisseuses du Burkina.

Pourquoi avez-vous présentez sitôt le Pagne du 08 mars, contrairement aux années précédentes ?

Chaque année on fait la collection très tôt c’est-à-dire la présélection sort généralement trois mois avant le début de l’année. Mais c’est au niveau du ministère de la promotion de la femme que ça traine. Donc cette année on a pris des dispositions avec le ministère pour que cela ne dure pas plus d’un mois. Voilà pourquoi on a présenté le pagne tôt cette année.

Il n’y a pas de logo sur le pagne présenté, est-ce un motif définitif ?

Il y a le logo et même un thème que le ministère en charge de la femme nous a donné. C’est juste que si on va attendre d’imprimer tout cela on risque d’être encore en retard. C’est pourquoi nous avons préféré le présenter ainsi et surtout pour le protéger.

L’année passée, nous avons trainé avec le logos et d’autres personnes ont pris le motif et l’ont transformé en autre chose. Cette année on veut un pagne de 8 mars unique en son modèle et en ses couleurs. Le pagne, je le répète sera unique sur toute l’étendue du territoire nationale. Donc après la présentation, il y a un dispositif qui sera mis en place pour faciliter le travail de sorte à ce que toutes les consignes soient respectées.

Quelles sont les dispositions qui sont mises en place pour sa protection ?

Nous sommes  parti à l’organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI) et nous avons protégé notre pagne avant même de le présenter officiellement à la presse. Donc nous espérons qu’avec cette protection on pourra poursuivre toutes les personnes qui vont imprimer notre pagne et l’introduire à l’intérieur du pays. Si jamais cette situation arrivait, ces personnes se retrouveront face à la justice.

Doit-t- on comprendre que toute tisseuse ne doit pas le tisser ?

Comme l’indique le nom de la fédération, toute tisseuse membre ou pas de la fédération peut tisser le pagne de 8 mars. La condition est juste être à l’intérieur du Burkina Faso et ne rien modifier. L’idée ici est de pouvoir venir en aide à ces femmes tisseuses du Burkina et à la valorisation de notre pagne tissé. C’est l’objectif du gouvernement et nous aussi à notre manière, nous contribuons à lutter contre la pauvreté.

Quelles dispositions allez-vous prendre pour qu’il n’y ait pas de concurrence avec d’autres pagnes ?

Nous avons eu une discussion avec le ministère de la promotion de la femme et la direction générale de l’artisanat, et nous leur avons fait savoir que nous ne voulons pas que cette année, le marché soit envahi par plus de 10 modèles de pagne du même 8 mars venus d’on ne sait où.

Nous leur avons même suggéré d’échanger avec des commerçants pour qu’ils choisissent à leur tour, s’ils le veulent un seul pagne imprimé pour l’occasion. Avant on ne voyait jamais cela, maintenant on ne comprend pas pourquoi depuis qu’on a décidé de le faire en Faso Danfani, il y a un  problème. On n’a dit ce qu’on pensait au ministère donc la balle est dans leur camp maintenant.

 Pourriez vous faire face à la demande s’il n’y avait pas autre pagne ?

Normalement oui, si la production commence comme prévu au mois d’octobre. Je pense que quelque soit l’importance de la demande nous pouvons faire face. Nous avons pris nos dispositions pour assurer la demande. Au Burkina nous avons plus de milles tisseuses donc pas d’inquiétudes. Même dans les régions, je pense qu’on pourra gérer.

Le ministère de la promotion de la femme vous subventionne t’il pour la production du pagne ?

La secrétaire du ministère dit que cette année, ils ne pourront pas  faire quelque chose pour nous venir en aide. Il y a eu la formation de quelques tisseuses mais ils espèrent que dans les années à venir ils pourront le faire.  Nous en temps que fédération nationale des tisseuses du Burkina Faso, on a initié des prêts pour venir en aide à celle qui n’ont pas assez de moyens. Nous achetons également ces pagnes produits  pour leur permettre d’avoir des liquidités et refaire autre choses.

Un appel à l’endroit des burkinabè ?

Je demande aux Burkinabè d’être vraiment des patriotes. En tant que citoyens on doit pour un temps soit peu penser également à s’investir pour le développement de notre pays. Tout burkinabè doit penser à consommer burkinabè. Nous devons prendre l’exemple sur la Chine et l’Inde si on veut se développer et développer notre Patrie. Le but ici c’est de se convaincre soit-même. Si on ne veut pas le pagne populaire du 8 mars on peut porter autre pagne Faso Danfani.

 Je demande donc à la population Burkinabè de faire un petit effort pour montrer la beauté du pays à l’extérieur parce que nul ne viendra le faire à notre place.

                                                                                  Aminata GANSONRE

                                                                                       Madeleine KIENOU            

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