Positionnement sur les listes électorales : c’est pire qu’avant pour les femmes

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« C’est révoltant de voir comment le sexe féminin est traité et maltraité. C’est de l’ingratitude tout simplement ». Ces propos de Martine Yabré, présidente du Conseil des femmes au Burkina (CFB), en disent long sur la déception des femmes burkinabè qui espéraient qu’après l’insurrection populaire, elles se verraient mieux placées sur les listes électorales aux législatives du 11 octobre prochain.

« C’est révoltant de voir comment le sexe féminin est traité et maltraité. C’est de l’ingratitude tout simplement ». Ces propos de Martine Yabré, présidente du Conseil des femmes au Burkina (CFB), en disent long sur la déception des femmes burkinabè qui espéraient qu’après l’insurrection populaire, elles se verraient mieux placées sur les listes électorales aux législatives du 11 octobre prochain.

Hélas, le constat est bien amer. Les partis politiques, grands comme petits, ont royalement marginalisé les femmes. Une analyse rapide des listes le prouve.Chez l’Union pour le progrès et le changement (UPC) de Zéphirin Diabré, l’on remarque que sur les listes de 20 des 45 provinces du Burkina Faso, il n’y a que des hommes. Le parti a au moins fait l’effort de mettre une femme tête de la liste nationale de même que dans le Boulkiémdé et placé deux femmes en première position au Kadiogo.

Tout comme l’UPC, l’ADF/RDA de Gilbert Noël Ouédraogo n’a pas non plus réservé un meilleur sort à l’autre moitié du ciel, vu que dans 22 provinces, le parti n’a aucune femme sur ses listes. Toutefois, l’ADF/RDA pourrait probablement avoir une femme député si le parti remporte un siège dans le Sanguié où une femme y est tête de liste. Sur la liste nationale de l’ADF/RDA, la première femme vient en 2e position.

La situation n’est également pas reluisante pour les femmes au niveau du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) de Roch Marc Christian Kaboré, où au moins 29 provinces sont sans femme sur les listes. Sur les deux postes de députés dans les provinces suivantes, le parti n’a placé que des hommes. Mais le MPP sauve son honneur en plaçant des femmes tête de liste dans le Ziro et le Poni. Dans le Kadiogo, la 1re femme vient en 4e position et une femme est positionnée comme 1re suppléante. Sur la liste nationale du MPP, la 1re femme vient en 4e position.

Les listes du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) sont aussi dominées par des hommes. Les femmes sont absentes sur les listes de 32 provinces sur les 45 que compte le Burkina Faso.Les partis comme le PAREN (Parti pour la renaissance nationale) de Tahirou Barry, le Mouvement africains de peuples (MAP) de Victorien T, l’Union pour la renaissance/ Parti sankariste (UNIR/PS), l’Alliance des jeunes pour l’indépendance et la République (AJIR) du jeune Adama Kanazoé, ne font pas mieux.  C’est la partie congrue du morceau qui a été réservée aux femmes.

Même en ce qui concerne le seul parti dirigé par une femme, le Parti pour le Développement et le Changement (PDC) de Saran Séré/Sérémé, il y a au moins 10 provinces où il n’y a que des hommes sur les listes: Gnagna, Kossi, Mouhoun, Bam, Bougouriba, Léraba, Noumbiel, Namentenga, Kourwéogo, Zoundwéogo.Par contre, contrairement aux autres partis ou elles ont très peu de chance d’être élues au regard de leur positionnement, le parti de Saran Séré/Sérémé donne plus de chances à des femmes d’être élues. Par exemple, sur la liste nationale, les deux premières positions sont occupées par des femmes. Au Kadiogo et au Houet, le PDC aligne des femmes en 2e position sur ses listes. Au Nayala, deux candidates sont en quête des postes de députés. Le PDC a également deux femmes en tête de listes dans le Sanmatenga et l’Oubritenga.

Tout compte fait, au regard des listes présentées il est très probable que le nombre de femmes élues dans la prochaine Assemblée nationale ne puisse pas atteindre 15 sur les 127 députés attendus.Une fois de plus, l’autre moitié du ciel sera au second plan dans la bataille électorale au « Pays des hommes intègres », emmenant Martine Yabré a dénoncé « une grande forme de complicité entre homme qui ne dit pas son nom ».

 A.TRAORE

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