Caroline Pochon, est cinéaste française .Elle a, en 1997, au nom de l’amour, accepté d’être la deuxième épouse d’un Sénégalais .Une histoire d’amour qui n’a pas fait long feu mais qui a permis à Caroline de comprendre beaucoup de chose sur la polygamie. Aujourd’hui, c’est une femme mure qui n’hésite pas partager son expérience aigre doux à travers documentaire, roman et poésie. Dans cet entretien, elle son opinion sur la culture de polygame et surtout la difficile épreuve du partage de l’être aimé.

Caroline Pochon, est cinéaste française .Elle a,en 1997, au nom de l’amour, accepté d’être la deuxième épouse d’un Sénégalais .Une histoire d’amour qui n’a pas fait long feu mais qui a permis à Caroline de comprendre beaucoup de chose sur la polygamie. Aujourd’hui, c’est une femme mure qui n’hésite pas partager son expérience aigre doux à travers documentaire, roman et poésie. Dans cet entretien, elle son opinion sur la culture de polygame et surtout la difficile épreuve du partage de l’être aimé.

Queen Mafa: Vous avez été la deuxième épouse d’un homme pendant quelques années, comment avez-vous vécu cette union?

Caroline: Tant que j’étais amoureuse, je me croyais au-dessus de toutes les difficultés. Petit à petit, je me suis rendue compte que malgré ma position privilégiée face à la première, je devais partager. Et c’était dur. L’ambiance avec elle était toujours tendue.

Queen Mafa: Qu’est qui a été le plus difficile à supporter dans cette union?

Caroline: Le plus difficile pour moi à supporter, dans cette union qui a été de courte durée et très passionnelle, cela a été d’accepter le partage :il dort avec l’autre, il fait peut-être l’amour avec l’autre. Quand on est très amoureuse, fusionnelle, très difficile de vivre avec cela quand on est seule les 2 jours.

Queen Mafa: Qu’est-ce qui vous a par contre impressionné?

Caroline : Ce qui m’a impressionnée chez ma coépouse est sa patience, son endurance, son humilité. Elle était fière, mais elle a accepté. Elle a supporté beaucoup de choses. Au début, j’entendais cette phrase sans bien comprendre. Aujourd’hui, je sais ce qu’elle a enduré, supporté, et j’ai longtemps eu un sentiment de culpabilité de ne pas l’avoir tout de suite compris, de m’être sentie « supérieure » et surtout, d’avoir pensé que je ferai mieux qu’elle !

Queen  Mafa: L’homme polygame peut-il vraiment être équitable?

Caroline: Pour moi non. Mais de même, un parent aime ses différents enfants de manière différentes, selon différents critères, de même un mari polygame aime différemment plusieurs femmes. Je peux le comprendre. L’équité est quelque chose vers quoi on tend, mais pour moi, c’est une utopie. La rivalité domestique est, pour moi, forcément difficile. Il me semble qu’il est plus facile d’avoir une coépouse qu’on ne voit pas que de devoir tout partager avec elle dans la maison.

Queen Mafa: Certains féministes n’hésitent pas à dire que la polygamie est une
violence à l’égard des femmes. Qu’en pensez-vous?

Caroline: Je pense que la polygamie est une forme de violence faite aux femmes.
Mais le terme vient des ONG occidentales et la manière dont nous, occidentaux, voyons la polygamie ne permet pas forcément d’en percevoir certains avantages. Et surtout, la polygamie repose sur unmode de vie communautaire, avec des valeurs de partage, d’entraide, de transmission qui ne sont pas en soi une violence faite aux femmes, mais tout un système où le partage des rôles entre hommes et femmes est très différencié, dans la cour. Je travaille sur ce thème avec un réalisateur ivoirien, Idriss Diabaté. Je trouve violent pour une femme d’apprendre qu’elle va devoir recevoir sa nouvelle « soeur » ! Je trouve violent, pour l’avoir vécu, de tomber amoureuse d’un homme et d’apprendre qu’il est de seconde main, qu’il est déjà engagé avec une autre, qu’il va falloir le partager ! Après, selon les caractères, configurations, personnalité du monsieur, poids des familles respectives, conditions de vie : l’équipe peut avancer plus ou moins bien, certainement. En tant que Française de culture monogame, j’essaie de ne pas juger. Mais bon, je ne souhaite pas, personnellement , renouveler l’expérience.

Propos recueillis  par  Fatouma

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