Jadis considéré comme la chasse gardée des retraités et autres personnes d’un âge avancé, le PMU’B, l’un des produits phares de la Loterie nationale burkinabè suscite de plus en plus d’intérêt chez les élèves et étudiants. Constat dans la ville de Ouagadougou.

Devant le kiosque PMU’B, chacun attend impatiemment son tour pour jouer sa combinaison. Dans cette foule de parieurs, Yves Sawadogo, élève en classe de Terminale A, est particulièrement remarquable. Assis à l’intérieur du kiosque devant unepanoplie de journaux, dans une posture studieuse, il gribouille des chiffres sur des bouts de papier.

Pourquoi un jeune comme lui s’intéresse-t-il aux jeux de hasard,  lui avons-nous demandé. Yves Ouédraogo reste silencieux un bout de temps avant de répondre que la pauvreté s’attaque à tout le monde. Elle ne distingue pas les jeunes des vieux. « On va faire comment ? Tout le monde joue ça. On n’a pas besoin de diplôme pour jouer. Si tu as la chance, tu te tapes des millions », lance le jeune élève tout en continuant de regarder le programme du jour. Avec un air un peu moqueur, l’écolier indexe les vieilles personnes faisant la queue sous le soleil : « Regarde les papas là. C’est mou sur eux. Leur seul espoir aujourd’hui c’est le PMU’B. Quand tu vois ça tu vas dire quoi encore ? ».

Le PMU’B, c’est l’espoir de ceux qui ont perdu l’espoir

 

Non loin du kiosque PMU’B, à environ deux cents mètres, se trouve le  » quartier général » de Yves Sawadogo. Là, réunis autour du thé, de nombreux jeunes s’échangent les combinaisons et discutent des chevaux susceptibles de remporter la course. Dans ce groupuscule on trouve des élèves, des étudiants, des diplômés sans emploi. Tous devisent sur la course du jour.

Patrick Ouédraogo, étudiant en fin de cycle d’économie, ne cache pas sa colère quand nous lui demandons pourquoi il s’intéresse au PMU’B. «Ça ne va pas .Il n’y a aucune perspective pour nous les jeunes. La course des chevaux semble être la seule option qui nous reste pour avoir de l’argent. On s’y accroche espérant un jour gagner», dit-il d’un ton agacé. Ces mêmes propos sont repris par un autre jeune. Lui, c’est Sayouba Ouandaogo. Cela fait six ans qu’il a fini ses études en droit et jusqu’à présent, il est sans emploi.

« Le PMU’B, c’est l’espoir des milliers de jeunes chômeurs qui ont perdu l’espoir et qui pullulent dans les rues. Avec 200 F CFA, l’on peut devenir millionnaire un jour et oublier toutes ces années de souffrance et ce, grâce au PMU’B », explique ce sans-emploi. Et de poursuivre « c’est parce que nous n’avons rien à faire que nous avons fait du PMU’B notre boulot  ».

                                                                                                          Issa KARAMBIRI

 

1 COMMENTAIRE

  1. Bonjour!
    Je pense que ce n’est pas évident de compter sur le PMU’B dès l’école ou l’Université. Les papas dont font allusions les jeunes, pensez vous qu’ils sont sans emploi? Non, c’est à cause de PMUB que c’est « mou » sur eux. Et questionnez les quand est-ce qu’ils ont commencé à jouer à PMU’B? Sûrement pas à l’école. Sur vous ça risque d’être plus que « mou ». L’effort que vous consentez chaque jour à la recherche du gain facile, faites le même effort dans la recherche de l’emploi pendant 6 mois; vous trouverez une opportunité, peu importe son genre.
    Il est claire que le travail manque. Mais chaque jour que Dieu fait, recherchez un travail de tout type bien sûr. Cela finira par payer…

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