Plaques, boutons, rougeurs : que faire contre les effets du stress sur la peau ?

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Démangeaisons, rougeurs, boutons : quand la peau (et parfois aussi les cheveux) réagit à sa façon face au stress, il est temps de prendre les choses en main. Les conseils des spécialistes pour traiter ces petits bobos de peau qui peuvent nous gâcher la vie.

Les premiers signes du stress sont bien connus : le cœur s’accélère, la peau pâlit, les glandes sudoripares s’activent. Ce que l’on sait moins, c’est que, à la longue, l’équilibre cutané peut être lui aussi perturbé. La fonction barrière peut alors s’altérer, entraînant irritations, démangeaisons rougeurs, boutons…

Cette réaction en chaîne est assez logique quand on sait que la peau et le système nerveux ont la même origine embryonnaire. « Il apparaît assez probable que le système nerveux traduise stress, émotions et pensées en langage biochimique avec les lettres que sont les neuromédiateurs. Ceux-ci sont susceptibles d’agir sur la peau, de sorte qu’ils peuvent induire des maladies ou les guérir », explique le Dr Danièle ­Pomey-Rey, dermatologue et psychanalyste.

Ces messagers chimiques qui circulent entre la peau et le système nerveux peuvent aussi exercer une influence sur la fabrication du collagène ou du sébum, sur la pigmentation… Enfin, le stress est sans doute impliqué dans l’apparition de « certaines dermatoses comme le psoriasis (plaques rouges avec squames), l’eczéma, l’acné ou l’herpès », précise le Dr Pascale Neulat, dermatologue.

Stress : quand la peau fait des plaques

En cas de dermite séborrhéique : « Cette affection fréquente due à un champignon (levure) apparaît sur les ailes du nez, les joues et au-dessus des sourcils, voire sur le cuir chevelu. Elle se manifeste par des plaques rouges, squameuses, qui démangent », précise le Dr Serre. Elle nécessite une prise en charge locale : un antifongique pour limiter la prolifération des levures (Malassezia, impliquée aussi dans les pellicules) et un traitement anti-inflammatoire. Pendant les crises, une crème à base de corticoïdes est nécessaire. Elle est associée à des gestes quotidiens de nettoyage doux et d’hydratation, le but étant de limiter les poussées.

En cas de dermite péri-orale : Ce sont des plaques rouges couvertes de petits boutons, qui pèlent légèrement. Elles sont situées sur le pourtour de la bouche : sillons naso-géniens, sous le nez. Un peu compliquée à soigner, cette affection très liée au stress chez les adultes doit être prise en charge par le dermato. Le traitement associe des antibiotiques et une crème à base de cortisone.

En cas de dartres : « Ce sont des zones sèches, rouges, irritables, qui “cuisent” un peu. Les datres peuvent provoquer des démangeaisons, ajoute le Dr Neulat. Elles apparaissent n’importe où : sur les joues et autour de la bouche, mais aussi au niveau des bras, sur une peau sèche, mal hydratée ». Il faut « relipider » la peau, c’est-à-dire la crémer au moins deux fois par jour, surtout sur le visage, y compris le soir avant de se coucher. Utiliser des soins riches et réparateurs, à base d’acides gras et de glycérine. Mieux vaut éviter les lavants agressifs et, si l’eau est « dure », limiter les temps de lavage et réhydrater tout de suite.

Stress : quand on fait une poussée de boutons

« En plus d’un traitement local, on prescrit des antibiotiques par voie orale (cyclines). Il faut souvent revoir le rituel quotidien pour supprimer les erreurs : éviter les gommages, les masques, les nettoyages, qui décapent la peau et la laissent desséchée », précise la dermatologue.

La bonne parade : appliquer une crème hydratante, matin et soir et éliminer les produits comédogènes (blush, terre de soleil…) sont de bons réflexes. Mieux vaut aussi utiliser des cosmétiques antiboutons des lignes pour adultes et non pour ados, moins adaptées. Ou, mieux encore si la peau est sensibilisée, des soins aux vertus apaisantes, car elle a sans doute besoin d’être « cocoonée ».

Stress : quand le cuir chevelu démange

La peau du cuir chevelu est le siège d’émotion et des changements d’humeur. « Ça bouillonne dans ma tête, disent certains patients pour parler de démangeaisons, d’irritations du cuir chevelu », raconte le Dr Neulat. La peau du crâne, très sensible, réagit au quart de tour. Elle peut aussi produire des petites croûtes. Quant aux cheveux, ils sont tout mous, sans tonus, difficiles à coiffer…

La bonne parade : on évite les shampooings agressifs et on se lave les cheveux trois à sept fois semaine, avec quatre précautions :

  • un seul lavage à chaque fois
  • de l’eau tiède
  • pas trop de shampooing (même si ça ne mousse pas)
  • sans frotter.

Côté colorations, il faut expliquer au coiffeur que le cuir chevelu a besoin de douceur. « S’il existe une chute de cheveux associée, on peut aussi prescrire un complément alimentaire à base d’alginates pour renforcer la fibre (Silettum) », ajoute la dermatologue.

Stress : quand la peau est en surchauffe

Rougeurs, sensation d’échauffement, joues en feu… Ce sont les signes les plus évidents du stress. Si le phénomène n’est pas constant, pas de panique : il s’agit sans doute d’un déséquilibre passager de la barrière cutanée qui protège l’épiderme. Ce qui entraîne une déshydratation avec inflammation et vasodilatation des capillaires responsables des rougeurs.

La bonne parade : éviter tout ce qui peut agresser la peau : gommage, peeling, savon, lotion alcoolisée… Et troquer sa crème hydratante contre un soin apaisant à l’eau thermale, ne pas hésiter à faire des vaporisations régulièrement. « Si les rougeurs persistent, il faut un traitement au long cours, car il s’agit d’une rosacée, qui touche plutôt les personnes à peau claire », explique le Dr Serre. Liée à une fragilité anormale des capillaires, elle peut s’accompagner de picotements et de petits boutons. Mieux vaut prendre rendez-vous chez le dermato.

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