Bagaré, Samba, Pilimpoukou, sont des communes rurales de la province du Passoré qui connaissent un taux de natalité parfois élevé. Comme solution pour faciliter l’espacement des naissances, la campagne de communication « 100 jours pour convaincre les cibles de la santé de la reproduction et la planification familiale », leur conseille d’adopter les méthodes de la planification familiale. Dans cette localité, l’utilisation des méthodes contraceptives rencontre toujours des réticences.

Waougrinoma Pagbelgum est une ressortissante de la commune rurale de Bagaré, âgée de 39 ans et mère de 8 enfants est favorable pour l’utilisation des méthodes de la planification. « J’ai entendu parler des méthode, il y a de cela trois ans. Si je l’avais su tôt, je crois que le nombre de mes enfants n’atteindrait pas ce chiffre », affirme-t-elle.

Après de la naissance de son 8ème enfant, Waougrinoma a utilisé le norplan. Une méthode qui lui sied à merveille selon ses dires. Elle laisse entendre que l’utilisation des méthodes de la planification familiale, libère la femme de plusieurs charges. « Avec moins d’enfants, on peut vaquer facilement à plusieurs occupations et grâce aux méthodes PF, cela est possible », avance la trentenaire.

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Si Wougrinoma Pagbelgum est satisfaite de l’utilisation de ces méthodes, Estelle Sankara de la commune rurale de Samba, bien qu’ayant connaissance des avantages de cette pratique, ne veut plus de son utilisation. « Je sais que c’est bien mais à chaque fois que je l’utilise, je souffre de vertige à tout moment », confie la jeune femme de 29 ans et mère de trois enfants.  Pour ce faire, Estelle n’entend plus en faire usage. C’est pour cette raison qu’elle se rend à la maternité dans l’espoir de trouver une autre alternative.

Quoique déterminée à abandonner les méthodes contraceptives, Estelle Sankara entend malgré tout, sensibiliser les autres femmes de sa localité. « C’est vrai que je ne supportais pas mais ce n’est pas le cas avec toutes les femmes», explique-t-elle.

Toujours à Samba, Sophie Sawadogo âgée de 36 ans et enceinte de 9 mois, cette mère de 4 enfants n’envisage pas encore la contraception. « Je sais que la PF est salutaire pour les femmes mais mon mari ne veut. Que faire » s’interroge-t-elle.  Et de poursuivre qu’après son accouchement, elle va négocier avec son époux tout en essayant de le convaincre afin qu’il l’accompagne dans l’utilisation de la PF. C’est un combat  difficile qui s’annonce dit-elle, car connaissant la mentalité de son mari.

Sophie Sawadogo

Il faut souligner que dans cette localité au nord du Burkina Faso, la plupart des hommes surtout dans les villages sont réfractaires quant à l’utilisation des méthodes de la planification.  Les femmes par moment sont obligées de se cacher afin de fréquenter les formations sanitaires pour bénéficier des bienfaits des méthodes contraceptives.

                                                                                                          Issa KARAMBIRI

                                                                           Crédit photo : UNFPA/ Désiré O.

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