Le jeudi 31 mai 2018, l’Institut national démocratique (NDI) a organisé une conférence publique sur la participation des femmes dans la gestion des affaires publiques. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre d’un programme de développement soutenu par la coopération Suédoise avec pour objectif d’accompagner la participation des femmes et des jeunes dans le processus politique.

Malgré l’existence des textes juridiques favorables à l’émergence des femmes dans la gestion des affaires publiques, les indicateurs montrent un recul considérable du nombre de femmes dans les instances décisionnelles au Burkina Faso. D’où le choix du thème : « obstacle à l’inclusion et à la participation des femmes à la gestion des affaires publiques ». Selon Aminata Faye Kassé, représente résidente de NDI au Burkina, cette situation que l’on pourrait qualifier de récurrente n’est malheureusement abordée qu’à la veille des élections. Et c’est dans l’objectif de rendre le débat plus constant et amener les gens à comprendre les enjeux de la problématique que le NDI a multiplié les cadres de réflexion et d’échanges.

Fatimata Sanou/Touré, Magistrat

 

 « Il ne s’agit pas de promouvoir les femmes pour juste les promouvoir. C’est une question d’équité, de justice sociale et en somme de développement », insiste-t-elle. Les séries de conférence entamées par le NDI depuis quelques mois entendent mettre l’accent sur la perception des citoyens sur la question de la participation des femmes et des jeunes dans ce processus politique. Pour parvenir à des propositions pesantes, les deux conférenciers à savoir l’historien Doti Bruno Sanou et la magistrat Fatimata Sanou/Touré ont « levé le lièvre ». Le premier a fait un rappel des rôles combien importants joués par la femme dans la société. Dans la même optique, la deuxième conférencière, Fatimata Sanou en sa qualité de magistrat et militante défenseur de la promotion des droits de la femme, a mis les projecteurs sur les résultats d’une étude. Ladite étude qui présente l’état des lieux de la femme et la gouvernance de 1959 à nos jours démontre que c’est précisément à partir des années 1990 que l’autre moitié du ciel a commencé à siéger aussi bien à l’Assemblée nationale qu’au niveau du gouvernement et des postes de l’administration. Mais seulement, déplore Fatimata Sanou, « cette participation est très faible. Car de 2002 à 2016, on retient que le nombre de femmes au niveau de l’Assemblée Nationale varie entre 10 et 12.  Actuellement, elles sont au nombre de 17 est c’est du reste à la faveur des nominations que 5 suppléantes ont pu siéger ». Des chiffres qui s’avèrent faible au vu de l’effectif total de 127 députés. Le constat est tout aussi alarmant au niveau des postes de nomination de L’État, avec une seule femme au niveau de la haute cour de justice. Pourtant ce ne sont pas les compétences féminines qui manquent.

« Cela pose problème parce que la convention contre l’élimination des violences de toutes sortes, tout comme la loi électorale, celle du quota genre et la politique nationale imposent à notre pays de faire participer de façon équitable tous les citoyens sans distinction de sexe à la gestion des affaires publiques », conclut la conférencière.

Les participants ont fait le tour des obstacles et suggérer certaines solutions qui pourront répondre à la problématique. Mais le combat ne s’arrêtera pas dans cette salle. La  Représentante résidente du NDI a annoncé la réalisation d’émissions radiophoniques pour poursuivre le message : « plus les femmes seront représentées au niveau des instances décisionnelles, plus les préoccupations des catégories les plus vulnérables de la société seront prises en compte dans le processus de développement dans la mesure où ces dernières représentent plus de la moitié de la population. », conclut Aminata Kassé.

AS

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