Organisation de la conférence islamique: la solidarité pour réduire les inégalités de genre

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Débutée hier 30 novembre 2018, la 7e session de la conférence ministérielle sur le rôle de la femme dans le développement des États membres de l’Organisation de la Coopération Islamique (OCI), se poursuit dans la capitale burkinabè, avec la présence aujourd’hui, 1er décembre 2018, du premier ministre Paul Kaba Thiéba. Il est venu exprimer la reconnaissance de son gouvernement  aux États présents, qui veulent d’une seule voix faire de la femme un levier du développement.  

Partout dans le monde, les États sont confrontés à d’énormes difficultés pour asseoir une place convenable à l’épanouissement de la femme et favoriser sa contribution dans le processus de développement. Beaucoup de préjugés, manque de ressources financières, difficile accès des femmes à la terre, à l’emploi et à la formation, faible scolarisation des filles, violences sexuelles et physiques sont autant de difficultés auxquelles les femmes doivent faire face au quotidien.

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Pourtant, tous les États sont unanimes que les femmes font des efforts et ont des compétences pour participer au développement de leurs pays et sont des piliers dans leurs familles. D’où, la raison d’être du thème choisi par le Burkina,  »l’autonomisation de la femme dans les États membres de l’OCI », en vue de trouver de meilleures propositions pour valoriser davantage la femme.

Le premier ministre du Burkina Faso, Paul Kaba Thiéba

Première rencontre du genre dans son pays, Paul Kaba Thièba, le Premier ministre burkinabè est conscient que le bien être des peuples et la sauvegarde de la paix dans le monde ne peuvent être réels sans la participation des femmes.  C’est alors le lieu pour le Secrétaire général de l’OCI, Hesham Youssef de reconnaître le sacrifice que fait le gouvernement burkinabè pour rendre autonomes les femmes et réduire au maximum l’inégalité de genre.

 

 ‘’L’Islam n’a jamais été un frein au développement humain ‘’

Souvent victimes d’injustice, les femmes musulmanes se retrouvent quelques fois lésées. D’où l’urgence, selon la Présidente du comité consultatif des femmes, Eraa Al Bayrak de construire une identité sur l’islam et autonomiser la femme musulmane.

Toutefois, il faut reconnaître que des sillons de l’autonomisation de la femme sont déjà tracés dans les pays respectifs. Le Burkina Faso semble même être en avance sur bien de domaine . « Notre pays met en œuvre des projets et programmes tels que le programme intégré d’autonomisation de la femme, le projet entreprendre au féminin, le programme spécial de création d’emploi pour les femmes et les jeunes, le programme de lutte contre le mariage des enfants, le Programme d’Autonomisation économique des Jeunes et des Femmes ,  la stratégie nationale d’accélération de l’éducation des filles et une audacieuse politique de gratuité des soins pour les femmes enceintes et les enfants de 0 à 5ans. », a énuméré le Premier ministre Thiéba. Et la ministre ivoirienne de la femme, de la famille et de l’enfant, Pr Ramata Bakayoko d’évoquer à son tour, les efforts faits par son pays en matière de promotion de la femme. «Nous avons élaboré un document sur toutes les formes de discriminations   à l’égard des femmes en 1995, nous avons  le protocole de la charte africaine de l’union africaine sur les droits des peuples et des hommes relativement aux droits de la femme et des articles sur la promotion des droits de la femme dans la constitution en 2016, sans oublier l’égalité de chance aux filles et aux garçons et la gratuité des soins des mères et des jeunes enfants », a-t-elle fait savoir.

Lamoussa Florence Nignan

1ère femme députée de la 3e République (Haute-Volta), 1978-1980, Lamoussa Florence Nignan salue aussi les progrès enregistrés en matière promotion des femmes. « La condition de la femme s’est quand même améliorée, elle est plus à l’écoute par rapport à 1978. L’essentiel c’est de bien positionner les femmes pour qu’elles arrivent à faire quelque chose. J’ai assisté à une conférence en Israël en 1960  et c’était le rôle de la femme dans une société en progression. On a fait beaucoup pour la femme mais ce n’est pas encore assez », s’est-elle exprimée.

Il n’y a pas de débats sur le fait que les États membres de l’OCI soient confrontés à des défis majeurs pour arriver à un développement équitable pour les femmes. Mais cela n’est pas un vain mot, car les perspectives sont déjà appréciables. A en croire Paul Kaba Thiéba, pour promouvoir davantage l’autonomisation de la femme, il est prévu entre autres, la mise en place d’un fonds de garantie d’un milliard de FCFA dans les institutions , le financement de 1450 microentreprises de femmes dans le cadre de la mise en œuvre du projet entreprendre au féminin ; le financement de 28 femmes entrepreneures sous forme de crédit d’investissement ; le financement de 100 associations et groupements féminins sous forme de fonds de roulement , etc.

Cette rencontre importante va alors permettre aux membres de l’OCI de partager les acquis engrangés de part et d’autre, afin que chaque État puisse capitaliser ce que l’autre a fait afin de s’inscrire rapidement dans la dynamique de l’autonomisation économique des femmes, gage d’un développement durable et harmonieux. Pour cela, a souligné la ministre en charge de la Femme du Burkina Faso, Laurence Ilboudo, il faut travailler à ce que chacun laisse l’autre pratiquer sa foi comme il l’attend, dans le respect de la légalité des différents États. « L’islam n’a jamais été un frein à un développement humain. C’est une mauvaise lecture de la religion musulmane », a-t-elle précisé

Assétou  Maïga

Aminata Gansonré

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