«On n’a pas à se tirailler pour la garde de l’enfant », suggère Dr Boukari Pamtaba, psychologue

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Dr Boukari Pamtaba, psychologue de formation et spécialiste en protection des droits de l’enfant évoque ici les problèmes liés à la sauvegarde du lien parental. Il explique également le bien-fondé de ce phénomène et les conditions qu’il faut créer pour une vie heureuse.

 

● Que faut-il entendre par sauvegarde du lien parental ?

Quand on parle de lien, on parle d’attachement.
Par rapport au complexe d’Œdipe, la relation père, mère et enfant, la triade, l’enfant doit se développer dans un environnement socialement stimulant où il y a la présence du papa et de la maman.

Par exemple quand l’igname commence à pousser, il faut forcément une tige qu’on appelle le tuteur. C’est à partir de la base que la feuille d’igname commence à prendre forme pour pouvoir évoluer. La relation père-enfant est très importante pour permettre à l’enfant de bien s’épanouir et d’avoir un cadre dans lequel il exprime ses émotions, ses frustrations, ses sentiments de confiance, ses capacités intellectuelles, au niveau affectif et au niveau social.

● Quelles sont les situations de troubles qui peuvent affecter les liens de parenté ?
Quand l’environnement n’est pas propice à l’épanouissement de l’enfant, cela crée un sentiment de repli, de frustrations et même un retard de développement.

Comparativement aux autres, il est agressif. Tout comportement de l’enfant est relatif à l’environnement familial. Plus il a des sentiments de confiance, plus il est aimé. On sent qu’il est jovial. Pour certains enfants qui ont cinq ans, il y a un retard de croissance.

Pour d’autres, ils sont en classe, mais ils sont turbulents. De cette façon, ils invitent les adultes à avoir un regard vers eux. Ils peuvent créer réellement un nid d’attachement avec le maître ou la maîtresse pour pallier l’insuffisance d’attachement qu’ils ont à la maison.

● Comment se manifeste ce repli envers les parents ?

L’enfant crée un lien d’opposition. C’est le genre d’enfant toujours à l’angle de la maison. Au niveau alimentaire, il y a une régression, ça dépend de l’âge. Il est agressif dans sa relation avec ses frères, perturbateur à la maison.

Il a le manque d’estime de soi au niveau même de l’habillement. On remarque aussi qu’au niveau du matériel éducatif, il est destructif. Il est hyper ou hypo- agité. Il fait des cauchemars la nuit. Les enfants qui pleurent sont également dans cette dynamique. Ils pleurent sans raisons avec des sauts d’humeur.

● En cas de séparation d’un couple, il y a souvent des tiraillements pour la garde de l’enfant. Quelle est la solution idéale pour le bien-être des enfants ?

L’enfant, c’est la somme de deux gamètes et c’est 50%-50% qui forment 100% quelque part. S’il y a séparation, ça crée en quelque sorte un clivage, une perturbation de l’enfant, une division de l’énergie émotionnelle. Aller chez papa ou chez maman ? Quelles que soient les raisons de la séparation, vous devrez faire de telle sorte qu’il ne sente pas qu’il y a une séparation parce que c’est vous qui êtes responsable de sa venue sur terre. Vous ne devez pas créer un malheureux.

Je vois des mamans qui convoquent le père devant une juridiction compétente pour la ration alimentaire, c’est bête. Excusez-moi du terme, mais c’est vraiment bête ! On n’a pas besoin de se tirailler. En usant de vos moyens, vous devrez tout faire pour mettre votre enfant à l’aise.

● Dans quel cas doit-on empêcher l’enfant d’être en contact avec l’un ou l’autre des parents ?

En Afrique, on pense que se séparer, c’est devenir des ennemis. On ne doit pas être des ennemis. On a eu un enfant ensemble. C’est pour toi, c’est pour moi. S’il est bien demain, c’est pour toi, c’est pour moi.

A cause du lien affectif, si la maman au niveau psychologique n’a pas un comportement qui peut compromettre le développement et l’épanouissement de l’enfant, à quoi sert-il de lutter pour la garde étant donné que l’homme de façon naturelle est désarmé et n’a pas les capacités de suivre l’enfant ?

L’homme doit courir pour la garde de l’enfant si réellement, l’état psychologique de la mère ou son comportement est préjudiciable. Par exemple, certaines femmes donnent des somnifères à l’enfant pour pouvoir sortir avec des hommes. Si c’est une situation avérée, pour l’intérêt supérieur de l’enfant, on confie la garde à son père pour qu’il puisse être épanoui.

Il faut trouver le juste milieu pour que l’enfant soit à l’aise. Il ne doit pas sentir réellement l’absence des parents. Malheureusement, ce qu’on constate aussi, chaque deux ou trois semaines, l’enfant doit forcément aller chez le papa ou la maman et vice-versa. Souvent, certains parents dans la communication diabolisent l’autre. Ça, c’est votre problème. L’enfant n’a pas la maturité pour supporter ce choc-là. Vous n’avez pas à le mettre dans votre conflit.

● En dehors des parents biologiques, est-ce qu’il est pertinent de confier l’enfant à ses grands-parents ?

Les grands-parents sont des relais éducatifs. C’est une chance de les avoir. Ils peuvent faire ce travail d’éducation, mais ne se substituent en aucun cas aux parents. La rigueur éducative qu’ils ont eue avec vous ne sera pas la même que celle des petits-enfants. Si vous êtes en bonne santé et que vous avez les moyens, l’enfant doit être avec vous.

La rédaction

 

 

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