Dans un mémorandum adressé à l’Institut national pour l’environnement et la recherche agricole (INERA), le Collectif citoyen pour l’agro écologie(CCAE) demande toute cessation d’activité avec la firme agrochimique Monsanto sous peine de trouver sur son chemin des gens déterminés à prendre leur responsabilité.

L’on se souvient de la marche organisée, le 23 mai 2015 à Ouagadougou où certains anti- organismes génétiquement modifiés (OGM) ont exprimé leur ras-le-bol contre la firme agrochimique Monsanto. Constatant le résultat improductif de la marche, le Collectif citoyen pour l’agro écologie (CCAE) dans ce mémorandum entend mobiliser « sa troupe » le 8 octobre prochain pour s’opposer aux OGM et à leurs promoteurs par une marche dans la capitale burkinabè.

« Nous interpellons l’INERA sur son rôle passé, présent et futur dans l’imposition des OGM à notre pays », précise le contenu du mémorandum. A en croire le CCAE, cette note ne vise pas à stigmatiser l’ensemble des chercheurs de l’INERA ni l’institut en tant que telle mais elle souhaite que l’INERA se prononce clairement sur ses futures orientations eu égard à la question des OGM.

                        Quelles responsabilités pour le fiasco du coton Bt ?

Selon le CCAE, le Burkina Faso s’est lancé dans la culture des OGM notamment le coton BollgardII (Bt) en 2001 en violation de la convention sur la biodiversité de 1992 et du protocole de Carthagène sur la biosécurité de 2000.

 Ces traités internationaux stipulent que les pays concernés doivent se munir d’un cadre législatif et prendre les plus grandes précautions avant de commencer la culture des OGM. Toute chose qui, selon le CCAE n’a pas été le cas dans le contexte du Burkina Faso.

« C’est très tardivement  que le Burkina Faso a fait ratifier par le parlement, en avril 2006, le régime de sécurité en biotechnologie sans connaître les enjeux et les risques pour notre agriculture, notre environnement et notre santé… »,  fait savoir le CCAE.

                  La complicité de l’INERA dénoncée

Au lieu d’attirer l’attention de l’opinion publique sur les effets pervers de la consommation des OGM, des chercheurs de l’INERA, selon le collectif, ont travaillé avec la firme Monsanto pour préparer les semences de coton Bt, défendre leurs avantages et garantir l’absence des risques auprès de l’opinion publique.

« Pire, des chercheurs ont consciemment menti à l’opinion publique, sous les injonctions de Monsanto qui finançait leurs travaux mais aussi leur silence », laisse entendre les pourfendeurs  des OGM et d’affirmer leur regret quant au non-respect du rôle de l’INERA qui était de travailler à ce que la diffusion des organismes génétiquement modifiés fasse l’objet d’une véritable étude d’impact et soit soumis au contrôle de scientifiques indépendants.

Aussi, le CCAE a prévenu l’institut en charge de la recherche agricole que l’introduction de maïs OGM, de niébé Bt et de sorgho biofortifié possédant des gènes dits terminator (interdit en Europe depuis 1998) serait une catastrophe sanitaire, économique et environnementale pour le pays.

Pour le Collectif des citoyens pour l’agro écologie, l’introduction des OGM engendre autant de problèmes sur le plan sanitaire, environnemental, économique, c’est pourquoi il exige à travers ce mémorandum, un moratoire sur l’importation, la dissémination et la production des OGM au Burkina Faso pendant une période de 10ans.

Le CCAE  appelle donc l’ INERA a cessé sa collaboration avec Monsanto dès à présent et à se joindre à leur revendication.

 

Issa KARAMBIRI

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