« Nous passons plus de temps à nous plaindre qu’à trouver des solutions», Clémence Sanou/Tuina, journaliste radio 

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Clémence Sanou/Tuina est une journaliste passionnée de mode et de beauté. Depuis quelques années, elle brille de mille feux à la radio nationale par ses émissions haut de gamme. Sa ténacité et son amour du travail bien fait lui ont déjà valu une douzaine de prix et de reconnaissances aussi bien sur le plan national qu’international. A travers cette interview, nous vous invitons à découvrir à cœur notre héroïne de la semaine.

Queen Mafa : Qui est Clémence Sanou ?

Clémence Sanou/ Tuina : Je suis une personne très passionnée dans la vie. Je ne me lance pas dans une activité sans être sûre de pouvoir relever les défis et surmonter tous les obstacles qui se présenteront à moi. Parce qu’avec la passion, on déplace les montagnes. Comme on le dit « aime ton travail et tu ne travailleras pas.

Comment Clémence est arrivée à la radio ?

Toute petite déjà, je rêvais d’être journaliste. Après l’obtention de mon baccalauréat, j’ai passé le concours de la fonction publique pour être journaliste. J’ai été formé à l’Institut des Sciences et Techniques de l’Information et de la Communication (ISTIC). Après ma formation, j’ai commencé à travailler à la radio.

Clémence est lauréate de plusieurs prix, comment cela a t-il été possible?

C’est cinq ans après avoir commencé à travailler que j’ai postulé aux concours. Entre 2012, année à laquelle j’ai commencé les compétitions et 2018, j’ai obtenu plus d’une douzaine de prix sur le plan national, africain et international.

Pour moi, ce n’est pas forcément le gain financier qui accompagne les prix, ni le prestige ; c’était de m’assurer réellement que je pratique bien le métier. Ce, d’autant plus qu’en participant à un concours, ce sont des professionnels, des ainés, des pairs qui jugent de la qualité de votre travail.

Quel est le prix qui a une importance particulière à tes yeux ?

Le dernier prix. C’est un prix que j’ai reçu de l’Union des Radios et Télévisions Internationales (URTI) basée à Paris. Il s’agit d’une docu-fiction radiophonique. Il s’agissait pour moi de raconter l’histoire de la princesse Yenenga de sorte à donner aux auditeurs l’impression d’avoir vécu cette époque. Pour se faire j’ai utilisé le slam, un genre musical de plus en plus prisé. Je me suis dit pourquoi ne pas intégrer cela dans un travail journalistique. J’ai vu dans la pratique des confrères le faire. Avec l’encouragement de certains ainés, je n’ai pas hésité. C’était un élément de 12 minutes qui m’a pris trois mois de travail.

On voit que tu es une femme tenace, de qui tiens tu cette poigne ?

De ma mère ! Je suis issu d’une famille très modeste. J’ai vu ma mère construire le mur de la maison. Pourtant papa était là ! On s’attendrait à voir un homme prendre ce genre d’initiative. Mon père attendait d’avoir un peu de moyen pour payer le maçon qui allait venir ériger la clôture. Ma mère l’a fait parce que ça tardait.

Y a-t-il une recette secrète à cette réussite ?    

La vie est faite de tellement d’embûches et d’obstacles. Je suis du genre à ne pas me focaliser sur le problème mais sur la solution. J’ai un canal devant moi et si je veux me retrouver de l’autre côté du canal, je ne passerais pas mon temps à me plaindre sur le pourquoi de la présence du ce canal. Nous passons plus de temps à nous plaindre qu’à trouver des solutions. Il faut toujours se demander est ce que j’ai les capacités de faire telle chose ? Si oui, avance et ne brandit pas ton statut de femme comme prétexte pour ne pas te battre. Si tu as les couilles de le faire vas-y.

« Le développement n’est pas une course olympique. Tant que nous continuerons de marcher dans les pas des occidentaux et selon leurs modes de développement, ça ne marchera pas »

Tu es à la tête d’un réseau, le Réseau des Journalistes Africains pour le Développement Endogène. De quoi est-il question ?

C’est l’idée de la fondation Joseph Ki-Zerbo pour le développement endogène. Il faut rendre à César ce qui est à César. Jacqueline Ki-Zerbo m’a abordée dans ce sens. En dix ans de carrière je ne m’étais jamais intéressée à un réseau. Mais je me suis dit, s’il y en a un que je voudrais bien porter en tant que journaliste c’est celui-là. Il répondait à mes idéaux. Nous avons plus de 50 ans d’Indépendance et rien ne marche toujours après avoir utilisé toutes les recettes et théories de développement.  J’adhère à la vision du Professeur Joseph Ki- Zerbo selon laquelle il faut se baser sur nos moyens, notre richesse, notre culture pour avancer. Le développement n’est pas une course olympique. Tant que nous continuerons de marcher dans les pas des occidentaux et selon leurs modes de développement, ça ne marchera pas. Il faut ne serait-ce qu’essayer et pour ce faire, il faut faire connaitre ce concept aux populations et aux politiques. C’est dans ce sens que je me suis intéressée au réseau.

Un conseil aux petites sœurs qui aimeraient vous emboîter le pas dans le métier de journalisme ?

La passion. Il faut aimer ce que l’on fait. On peut se retrouver à mener une activité que l’on n’aime pas forcement mais il faut commencer par respecter l’activité qui te donne ta dignité, c’est à dire l’activité qui te donne de quoi vivre et après viendra l’amour.

Quel est ton livre de chevet ?

Ça va vous étonner mais c’est la bible parce que je lis la bible matin et soir.

Votre plus grand regret

Mon plus grand regret c’est de n’avoir pas pu sauver certaines amitiés que j’ai perdu en cours de route, pas forcément de ma faute. Si c’était à refaire je ferais tout mon possible pour recoller les morceaux. Je n’aime pas qu’une amitié se gâche, cela me fend le cœur.

Ta devise

Être passionné dans tout ce qu’on fait, avec la passion, on déplace des montagnes.

« Ma maman est le plus beau cadeau que la nature m’est faite »

Le plus beau cadeau que Clémence ait reçu

Ma maman, je pense que c’est le plus beau cadeau que la nature m’est faite. C’est une femme formidable que j’admire beaucoup.

Qu’as-tu fait de beau dans ta vie ?

Chaque chose que je fais c’est avec passion et quand il y a la passion, c’est forcément bien, c’est forcément beau !

Quel est le métier que Clémence aurait voulu exercer si elle n’était pas journaliste ?

Si c’était à reprendre peut-être que je serais journaliste. Et si je devais changer de métier je pense que je vais être dans la mode, dans la beauté. Souvent je m’amuse à dire que dans une autre vie, je serais styliste ou esthéticienne et j’ai la chance d’allier toutes ces trois passions : le journalisme, la mode ; la beauté.

Interview réalisée par

 Aminata GANSONRE et Assita Sanou

 

 

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