A la veille de la célébration du 8 mars , nous avons rencontré la dynamique maire de l’arrondissement 12,  Rasmata Nadembega née Comparé . Elle s’exprime sur le thème de 2019 et sur les actions qu’elle mène en faveur des femmes dans son arrondissement.

Que vous inspire le thème du 8 mars 2019 : « contribution de la femme à l’édification d’un Burkina Faso de sécurité, de paix et de cohésion sociale » ?

« Même si nous ne pouvons pas prendre les armes, nous avons aussi des armes que nous pouvons utiliser pour aider à lutter contre l’insécurité »

Le thème du 8 mars est aligné avec le contexte national c’est-à-dire le contexte sécuritaire. Vous savez que de nos jours, nous sommes éprouvés chaque jour que Dieu fait au niveau du Burkina Faso et c’est un fléau que, nous Burkinabè ne connaissions pas avant ces 2 ou 3 dernières années. Si on peut dire qu’un pays est composé de fils et de filles, il faut se dire que le combat n’est pas seulement pour les fils. Il faut que nous femmes, nous puissions donner de notre savoir-faire même si nous ne pouvons pas prendre les armes, nous avons aussi des armes que nous pouvons utiliser pour aider à lutter contre l’insécurité au niveau de notre pays.

Cela a commencé déjà par des actions de salubrité au sein de nos cités. Il faut se dire que bien avant, l’histoire de salubrité publique revenait à nos forces de défense et de sécurité. Si nous femmes, nous ne nous impliquons dans la salubrité, ça veut dire que nous avons notre pied dans la danse et au-delà de la salubrité. Il y a d’autres actions que nous pouvons mener à savoir la collaboration avec les forces de défense et de sécurité sur le renseignement et tout ce qui peut se suivre pour que nous venions à bout de cette insécurité au sein de notre pays.

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« On n’a déjà proscrit les histoires de djandjoba, pour amener des discussions avec les femmes, leur montrer ce qu’est réellement le sens du 8 mars »

Pensez-vous donc qu’il faut revoir la manière de célébrer le 8 mars au Burkina Faso ?

Petit à petit, nous sommes en train d’aller vers l’objectif de réduire les festivités au profit de la réflexion. On n’a déjà proscrit les histoires de djandjoba, pour amener des discussions avec les femmes, leur montrer ce qu’est réellement le sens du 8 mars, nous sommes en train d’atteindre notre objectif qui est de faire connaitre la femme et sa valeur au sein de la gouvernance dans notre pays. Il faut que chaque femme puisse connaitre son rôle et sa contribution pour faire avancer le développement de notre pays. Ce n’est pas simple parce que les femmes étaient habituées à des fêtes. Quand on dit 8 mars, pour certaines c’est sortir le matin et revenir le soir et souvent ça brise même des foyers, on a vu beaucoup des cas comme ça et donc je dirai que les démarches qui sont en train de se faire sont à saluer.

« Le visage de la femme est un visage rayonnant, on doit voir la joie de vivre sur un visage féminin »

D’aucuns disent que la pauvreté a un visage féminin, partager vous cet avis ?

Moi je ne suis pas du tout d’accord quand on dit que la pauvreté a un visage féminin parce que nous qui sommes au niveau de la base avec la population, nous savons que la pauvreté a un visage mixte.  Il ne faut pas taxer la pauvreté d’un visage féminin parce qu’il y a des femmes qui tiennent des foyers donc pourquoi dirait –on que la pauvreté a un visage féminin. Le visage de la femme est un visage rayonnant, on doit voir la joie de vivre sur un visage féminin. Il y a aussi des hommes qui souffrent de cette pauvreté-là autant que des femmes.

      Quelles sont les actions que mène votre arrondissement en faveur des femmes ?

 Nous menons beaucoup d’actions en faveur des femmes pour leur permettre de pouvoir exercer des activités génératrices de revenus au niveau des collectivités en leur octroyant des prêts, en leur montrant comment monter des projets pour pouvoir bénéficier de prêts au niveau du gouvernement et d’autres ONG et donc tout cela fait qu’il y a un relèvement tout doucement au niveau de l’économie féminine.

Entretien réalisé par Mary Sorgho

 

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