Alors que l’épilation du maillot est depuis longtemps associée à une hausse du risque de contracter une infection sexuellement transmissible, des chercheurs américains viennent de prouver le contraire. Publiée dans la revue Plos One le 4 septembre, elle soutient que l’épilation ou le rasage des poils pubiens n’a aucun rapport avec une augmentation du risque de contracter une IST.

 

Des jeunes filles sexuellement actives et attentives à leur maillot

Les chercheurs américains auteurs de cette étude ont étudié les taux d’infection à gonorrhée et chlamydia parmi 214 étudiantes à l’université du Midwest âgées de 21 ans en moyenne. La quasi-totalité (98%) a déclaré dans un questionnaire entretenir régulièrement son maillot, et plus de la moitié a rapporté s’épiler intégralement toutes les semaines, voire tous les jours, depuis plusieurs années. Presque toutes les jeunes filles étaient célibataires (72%) mais sexuellement actives (99,5%), avec une moyenne de 4,3 partenaires dans les douze derniers mois. 40% d’entre elles avaient des relations sexuelles tous les jours ou toutes les semaines. Les étudiantes étaient en revanche très peu à utiliser un préservatif : 17% ont déclaré en utiliser systématiquement et 21% ne jamais y avoir recours.

Après des analyses en laboratoire, près de 10% d’entre elles se sont révélées être infectées par la gonorrhée ou la chlamydia. Les chercheurs n’ont cependant trouvé aucune association entre l’épilation/le rasage de la zone pubienne et les infections, malgré la prise en compte du revenu des parents de ces jeunes filles, de leurs origines et de la fréquence de leurs rapports sexuels.

Un échantillon limité mais des méthodes précises

Si le nombre de personnes enrôlées pour ces travaux est, certes, limité, l’étude a malgré tout le mérite de ne pas uniquement se baser, comme les précédentes faites sur le sujet, sur les seules déclarations des participants. Les recherches précédentes s’étaient en général contentées de demander aux participants s’ils avaient déjà contracté une IST, mais l’absence de mesure à l’instant T empêchait en réalité toute liaison directe avec l’épilation.

Les auteurs de cette étude ont également pris en compte plusieurs facteurs (l’âge, la fréquence de l’activité sexuelle, le revenu ou encore l’origine des participantes), qui peuvent biaiser les résultats s’ils sont ignorés. « Ce qui est particulièrement inquiétant, c’est que les travaux précédents n’ont pas pris en compte la fréquence sexuelle. Or il se pourrait que les femmes qui ont eu plus de rapports sexuels avec plus de personnes – et qui sont donc plus susceptibles de contracter des infections – soient plus susceptibles de se faire le maillot », estime dans un communiqué l’une des auteures de l’étude, Maria Gallo.

 

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