Mutilation génitale féminine : mettre fin d’ici à 2020

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Une rencontre internationale de haut niveau se tient à Ouagadougou du 22 au 25 octobre 2018 sur les mutilations génitales féminines. L’objectif recherché à travers ce rendez-vous du bilan des efforts consentis dans la lutte contre ces pratiques néfastes est  d’arriver à mettre fin aux mutilations génitales féminines d’ici à 2030.

 « Galvaniser les actions politiques en faveur de l’élimination des mutilations génitales féminines », c’est le thème retenu par l’Union Africaine pour cette conférence internationale et un honneur pour le Burkina d’abriter cet important évènement. Le but est de stimuler les politiques et l’action politique en faveur de l’accélération de l’élimination des mutilations génitales féminines.

 Au niveau mondial, on estime à 68 millions le nombre de filles qui pourraient être exposées à un risque de mutilations génitales féminines avant 2030 et selon les estimations actuelles, plus de 50 millions de filles en Afrique. D’où la nécessité de galvaniser l’engagement politique pour mettre fin à ces pratiques qui bafouent la dignité humaine.

Selon la ministre en charge de la Femme, Laurence Ilboudo, il ressort que les mutilations génitales féminines sont une réalité dans plusieurs pays du monde, mais particulièrement en Afrique où plus de 29 pays sont concernés par ce fléau.

« La volonté politique pour venir à bout de cette pratique n’est plus à démontrer avec l’engagement personnel du Président du Faso et de son épouse Sika Kaboré, qui ne cessent de déployer d’énormes efforts pour son éradication », a-t-elle rappelé.

Et  de poursuivre que le taux de prévalence de l’excision pour la tranche d’âge 0-14 ans est passé de 13,3% en 2010 selon l’EDS à 11,3% en 2015soit une baisse de 2 points de pourcentage en 5 ans.

Quant à la tranche d’âge 15-49 ans, les mêmes sources indiquent que la prévalence a baissé de 8 points de pourcentage passant de 75% à 67,6%.

Quant au premier ministre Paul Kaba Thiéba, il a laissé entendre que tout le monde sait que les mutilations génitales féminines portent atteintes au droit des femmes et des enfants. C’est pourquoi, a-t-il confié, le gouvernement s’attache dans la lutte contre ce fléau.

Le fait que le Burkina Faso ait été choisi pour abriter cette conférence à en croire Paul Kaba Thiéba, cela témoigne de l’engagement du gouvernement burkinabè pour lutter contre les mutilations génitales féminines.

La ministre Malienne de la Femme et des Affaires sociales, Dr Aïssata Diakité Traoré, a aussi apprécié la tenue de cette conférence internationale qui, à l’entendre va permettre aux différents pays participants de communiquer et de parvenir à des stratégies efficaces de lutte contre les mutilations génitales féminines.

L’engagement du Burkina Faso en matière de lutte contre les MGF se caractérise au plan institutionnel par  plusieurs textes et lois notamment la création le 18 mai 1990 du Conseil national de lutte contre la pratique de l’excision, l’adoption le 13 novembre 1996 d’une loi pénale réprimant les mutilations génitales féminines au Burkina Faso, la création d’une ligne budgétaire par le gouvernement pour soutenir les actions de promotion de l’élimination des mutilations génitales féminines.

Cette rencontre internationale va permettre sans doute aux dires de Laurence Ilboudo de consolider l’engagement politique mondial, de renforcer l’action nationale et de planifier des stratégies spécifiques pour construire un vaste mouvement en faveur de l’élimination des mutilations génitales féminines.

                                                                                                           Assétou Maiga

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