Cent un jour après le drame de Yirgou, justice peine à être rendue aux victimes. Face aux hommes de médias ce jeudi 11 avril 2019, le Collectif contre l’impunité et la stigmatisation des communautés (CISC) a dénoncé un manque de volonté politique dans le traitement du dossier. Les barbaries survenues à Arbinda, les exécutions extrajudiciaires commises dans le cadre de la lutte contre le terrorisme ont également été évoquées au cours de cette rencontre.

On se souvient toujours de cette horreur du 1er janvier 2019 qui aurait entrainé la mort de 210 hommes et plus de 5000 victimes et déplacés au Burkina Faso. 101 jours après, toujours rien du côté de la justice. Pourtant, 130 suspects sérieux ont été identifiés comme étant des personnes ayant participé aux massacres.

Pour le secrétaire général du Collectif contre l’impunité et la stigmatisation des communautés (CISC) Daouda DIALLO,  la légèreté dont l’État a fait preuve dans le traitement du dossier de Yirgou aurait permis aux terroristes de recommencer avec la même brutalité à Arbinda. « La réaction de l’État n’est pas à la hauteur des attentes. Le décompte macabre fait par le gouvernement fait ressortir 62 morts. Mais des informations recoupées du CISC font état de 100 morts », a affirmé Daouda Diallo, soulignant que des membres de la communauté peulh et fulsé (confondus par le faciès aux peulhs) ont été particulièrement visés dans cette horreur.

Dans la même optique, Me Ambroise Farama appuis qu’il n’est pas question d’une guerre des chiffres. « Nous avons donné les identités et les villages dans lesquels ces personnes ont été tuées. Bien que la liste ait été publiée village par village, nous n’avons jamais reçu une contradiction formelle avec une identité d’une personne retrouvée et relevant d’un village précis; ce qui crédibilise les résultats de notre enquête » a-t-il justifié.

La Secrétaire chargée de la mobilisation féminine, Apsa Diaby/ Diallo

Quant à la Secrétaire chargée de la mobilisation féminine, Apsa Diaby/ Diallo, c’est debout qu’elle a crié la colère des femmes et leur mise en garde: « on n’a marre de voir nos hommes assassinés, marre de voir nos enfants assassinés, marre de voir nos maris tués, marre d’être des veuves, marre d’élever des orphelins, la vie d’un homme peuhl a-t-elle moins de valeur que celle de tout autre Burkinabé ? Elle poursuit ne transformez pas nos enfants en assassinant leurs pères et leurs frères devant eux, prenez garde aux conséquences désastreuses de l’impunité actuelle. Le message est fort et d’une simplicité innocente et grave. Que ceux qui ont des oreilles entendent, que ceux qui ont des yeux voient, que ceux qui ont un cœur se responsabilisent. Personne ne pourra dire qu’il n’est pas au courant », a-t-elle déclaré.

Invitant le gouvernement à assumer ses responsabilités, le CISC exige que justice soit rendue pour le double crime de Yirgou et Arbinda, la fin immédiate des exécutions extrajudiciaires en cours, l’ouverture d’enquêtes indépendantes pour situer les responsabilités sur les crimes commis.

                                                              Aminata GANSONRE

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