Le combat est loin d’être terminé. Les poings toujours levés pour la justice et l’égalité raciale aux États-Unis. Les mouvements « Black Lives Matter » ou encore « Marchons pour nos vies » défilent encore dans les rues. Si, toutefois, de profondes inégalités persistent encore aujourd’hui, la bataille d’un homme aura marqué le temps, les époques, et porté des fruits notables. Ce mercredi 4 avril 2018, les États-Unis ont rendu un profond hommage à cette icône, Martin Luther King.

Il y a 50 ans, le 4 avril 1968, le célèbre révérend baptiste noir inscrivait malgré lui son nom sur le tableau des martyrs. Tombé au front, à 39 ans, mortellement touché par l’arme d’un ségrégationniste blanc, à Memphis, sur le balcon du Lorraine Motel, où il était venu soutenir les éboueurs en grève, Martin Luther King a, durant des années, été la voix de l’espoir et de la lutte pour les droits civiques de la population noire américaine. Cinquante après, sa mémoire est toujours aussi vive.
A Washington, la foule se rassembla devant son mémorial sur le Mall ou encore à Memphis près du Lorraine Motel, devenu depuis un musée. A 18h01, heure de son tir mortel, les cloches des églises américaines retentirent à 39 reprises, ce 4 avril 2018.

Son ami, le révérend Jesse Jackson, autre militant emblématique des droits civiques évoque son cher ami comme un symbole de « la guérison, l’espoir, il n’est pas mort en vain ».
Même Donald Trump, vivement critiqué pour ses relations étroites avec l’extrême droite, a tenu à exprimer quelques mots via un communiqué officiel. « Même s’il a été pris à cette Terre de façon injuste, il nous a laissé en héritage la justice et la paix. »

Une résistance non-violente

Harcelé par la police, le révérend qui réclamait la justice raciale n’a cessé de prôner la non-violence. Pasteur à Montgomery en Alabama, il prit la tête en 1955 du mouvement de boycott des bus de la ville. En avril 1963, il est arrêté et emprisonné à Birmingham, durant le règne encore sanglant des suprémacistes blancs du Ku Klux Klan. Qui semaient la terreur par des discours racistes, des campagnes punitives, des violences et des attentats meurtriers contre les noirs américains.
Pourtant Martin Luther King, tenait à résister dans la paix en rappelant que l’Homme Noir est également un être humain, une créature de Dieu, qui doit jouir de droits. En 1964, il recevra le prix Nobel de la paix.
Son combat permit d’aboutir à des résultats concrets en faveur de la population noire. Notamment en 1964 et 1965, lorsque le Congrès a adopté la reconnaissance des droits civiques et du droit de vote des Noirs américains.

‘La façon la plus authentique d’honorer mon père est de s’engager pour créer un monde plus juste, pacifique et humain. Que les déclarations coïncident avec des efforts délibérés pour éradiquer la pauvreté, le militarisme et le racisme’, a tweeté Bernice King, fille du Révérend.

I Have A Dream

Ce célèbre discours du Révérend King traversa les générations. Prononcé le 28 août 1963 à Washington, face à quelque 250 000 manifestants, rassemblés pour la marche pour l’emploi et la liberté, il eut don de mobiliser les consciences et consolider le combat.

Je fais le rêve que mes quatre petits-enfants vivront un jour dans un pays où on ne les jugera pas à la couleur de leur peau mais à la nature de leur caractère !
Je rêve qu’un jour, même en Alabama […], les petits garçons noirs et les petites filles blanches pourront se donner la main, comme frères et sœurs.

Si aujourd’hui la ségrégation a disparue, les actes racistes et les injustices néanmoins perdurent présentant encore une situation des noirs américains guère réjouissante. Abattus en masse par la police, victimes d’inégalités majeures, on dirait bien que le rêve du révérend s’est partiellement accompli ; car qui aurait cru qu’en 2008, les Etats-Unis éliront leur tout premier et unique Président Noir. Ceci étant, la présence de Barack Obama à la Maison Blanche n’a malheureusement rien changé à la réalité des noirs américains. La route est encore bien longue.

Quand nous permettrons à la cloche de la liberté de sonner dans chaque village, dans chaque hameau, dans chaque ville et dans chaque Etat, nous pourrons fêter le jour où tous les enfants de Dieu, les Noirs et les Blancs, les Juifs et les non-Juifs, les Protestants et les Catholiques, pourront se donner la main et chanter les paroles du vieux Negro Spiritual : “ Enfin libres, enfin libres, grâce en soit rendue au Dieu tout puissant, nous sommes enfin libres !

Le chant de la liberté est possible, mais à ceux qui poursuivent le combat, il est important d’emprunter le chemin de la justice et de l’amour. Et ce chemin, sans grande surprise est celui de notre Père à tous, devant qui, comme l’a si bien souligné le révérend, il n’y a point d’acception de personne [Romains 2 v.11 – La Bible]. Jusqu’à son dernier souffle, Martin Luther King a mené le combat de l’équité, l’égalité et la justice pour le peuple opprimé, à l’image de son Dieu qui « fait justice, il fait droit à tous les opprimés » [Psaume 103 v.6 – La Bible]. Nos voix s’élèvent alors à notre Juste Père en faveur du peuple noir encore assujetti et dont les droits sont foulés aux pieds, pour que Oh Seigneur ! Tu délivres du joug de la servitude et accorde le repos aux âmes tyrannisées.

Artistepress.fr

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