Mariage d’enfants : une caravane pour sensibiliser à Ouahigouya et à Fada

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La Coalition nationale de lutte contre le mariage d’enfants au Burkina Faso (CONAMEB) a initié une caravane de presse dans les villes de Ouahigouya et de Fada N’Gourma, sous le thème ‘’Ensemble disons-non au mariage d’enfants’’, du 23 au 25 juillet 2018. A Ouahigouya précisément, loin d’être anodin, le mariage d’enfants préoccupe les premières autorités.

Pour l’honneur familial, en guise de reconnaissance, pour tenir une promesse ou consolider des liens d’amitié, etc. certains parents donnent en mariage leur fille, en bas âge, en période d’immaturité totale. Problématique majeure pour l’épanouissement et la promotion de la jeune fille, quand on sait qu’au Burkina 10% des femmes se sont mariées avant l’âge de 15 ans et 52% des femmes (soit 1 femme sur 2) avant l’âge de 18 ans. Le mariage d’enfants persiste dans les environnants de Ouahigouya surtout. Scolarisées ou non, elles sont encore nombreuses les jeunes gamines qui se retrouvent dans des foyers, obligées d’abandonner leurs études pour subir les affres d’un mariage non consenti.

Les caravaniers avec le secrétaire exécutif de l’ONG OCADES

Un état de fait constaté confirmé à notre passage au gouvernorat, au haut-commissariat, à la mairie et chez les leaders religieux. Il ressort des échanges que le mariage d’enfants mérite une attention particulière, en vue d’assurer l’avenir de la fille. « Parmi les cas de mariages forcés que nous recensons dans nos zones d’intervention et les filles que nous accueillons, 80 à 90% sont des enfants. Il y a beaucoup de conséquences sur la fille. Elle est renfermée sur elle, crispée, souffre de se séparer de ses parents et ne retrouve le confort qu’après des mois», a regretté le secrétaire exécutif de l’ONG catholique OCADES, l’Abbé Charles Gansonré.

« On entend parler mais dans notre mosquée, on marie les filles à partir de 18-20 ans. Les localités ne sont pas les mêmes. Il y a des parents qui ont pris des engagements en promettant leurs filles à des connaissances. Donc, il va de soi que dès que la fille atteint 13-14 ans, le prétendant rôde autour d’elle. Sinon nous savons tous qu’une petite fille qui se marie va avoir des problèmes en accouchant et même dans la vie », a relevé l’Imam Hamidou Traoré de la grande mosquée de Ouahigouya.

Les caravaniers avec le maire de la commune de Ouahigouya

La lutte contre le mariage des enfants nécessite une synergie d’actions. C’est pourquoi d’ailleurs, le maire de ladite commune, Basile Boureima Ouédraogo entend s’unir à la CONAMEB et faire de ce combat la sienne. « 37 villages sont rattachés au 15 secteurs de ma commune et sont concernés par le phénomène du mariage d’enfants. Ce phénomène repose sur des informations culturelles qui ne sont pas toujours fondées. Nous allons nous pencher sur la question», a-t-il indiqué.

Le pasteur Jean Ouédraogo de l’église des Assemblées de Dieu, pour sa part dit « sensibiliser à travers l’évangile et rencontre les parents à chaque fois qu’une situation de mariage d’enfant se présente».

Même si on arrive des fois à replacer des filles victimes de mariage à l’école, la victoire n’est toujours pas assurée, car « certaines filles sont malheureusement enlevées et amenées vers le Mali », se désole Souleymane Nacanabo, Secrétaire général de la province du Yatenga.

Chose certaine, il y a une urgence d’agir de par l’information et la sensibilisation pour stopper ce phénomène et assurer un avenir radieux à nos filles.

Assétou Maiga

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