Mariage d’enfants : l’appel de Dr Edwige Adekambi Domingo, représentant de l’UNFPA au Burkina.

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La grande conférence des femmes sur l’abandon du mariage d’enfants a été une occasion pour la Représentante-résidente de l’UNFPA, Dr Edwige Adekambi Domingo de lancer un appel aux femmes du Burkina. Voici un extrait de son oral.

Chacune d’entre nous, individuellement venant de Nouna, venant de Dori, venant de Fada, de Tenkodogo, et des autres localités où nous avons des taux élevés de mariages d’enfants devons nous poser la question suivante: qu’est-ce que nous allons faire différemment ?

Nous avons les ressources, ces ressources sont encore basées sur nos valeurs traditionnelles. Hier, les problèmes de l’enfant de mon voisin, étaient mes problèmes. C’est bien ça ? Je dois les régler. Aujourd’hui, nous fermons les yeux. Donc, nous sommes tous complices de ce qui se passe sur le terrain. On n’a pas besoin d’attendre les partenaires. Je vais réitérer toute à l’heure notre disponibilité à accompagner mais nous pouvons individuellement sans coût changer les choses en nous parlant nous-mêmes sur le terrain, en disant à notre voisine sois forte, nous allons mener le combat avec toi pour que ta fille ne soit pas mariée de force. Nous avons les capacités pour le faire. Nous allons demander à nos maris qui sont engagés contre les mariages d’enfants de parler aussi à leurs pères. Ce sont des interventions sans coûts.

 » Nous sommes tous complices de ce qui se passe sur le terrain »

Aujourd’hui, on a un numéro  vert, le 116, c’est gratuit, imaginez combien nous sommes ici dans cette salle, à chaque fois que nous constatons, un cas de mariage, parce qu’on est informé avant, on sait qui va être marié, à chaque fois que nous sommes informés, nous appelons le 116 et nous donnons les informations. Le ministère va réagir. Donc voilà l’appel que je voudrais faire, à nous les femmes pour que nos enfants soient protégés et que nos enfants constituent l’avenir de ce pays, le Burkina Faso, étant donné que Dieu nous les donné pour que nous les fassions grandir. Dieu ne nous a pas donné nos filles pour qu’elles perdent leur potentiel dans un mariage d’enfant.

Je voudrais demander à chacune de fermer juste les yeux une seconde et de penser à cette petite fille de 10 aujourd’hui à Dori. Dans 15 ans, qu’est-ce qu’elle sera ? C’est dans nos mains. Si dans 15 ans, elle doit être à l’université, donc, agissons maintenant, n’attendons pas quelqu’un.

Maintenant, je voudrais réitérer notre engagement en tant que partenaire à accompagner le gouvernement du Burkina Faso dans la réalisation de toutes les bonnes recommendations que vous avez faites ici aujourd’hui. En fait, ce n’est pas parce que c’est notre responsabilité, mais c’est à cause des engagements des autorités nationales.

J’ai fait beaucoup de pays avant de venir au Burkina Faso, lorsque le gouvernement inscrit un dossier, il le réalise, il commence à le réaliser. Ailleurs, le gouvernement inscrit et demande au partenaire de réaliser. C’est différent et c’est la raison pour laquelle, nous soutenons les interventions qui sont décidées au niveau du Burkina Faso, parce que nous savons que c’est porté par le gouvernement.

Toute à l’heure, j’ai entendu dans la salle des initiatives individuelles pour protéger les filles, et ces initiatives individuelles aux côtés du soutien des partenaires doivent créer la chaîne de valeurs pour transformer nos sociétés. Ce sont nos sociétés, personne d’autre ne viendra les transformer à notre place.

Pour terminer, je voudrais saluer l’engagement de la première dame dans beaucoup de défis, mais particulièrement pour les questions liées au mariage d’enfants. Il y a des choses qu’elle fait qui sont inconnues. Toute à l’heure, j’ai entendu parler de la construction de centre d’hébergement, dans les localités pour pouvoir permettre aux filles d’être dans des endroits sécurisés qui leur permettra de ne pas avoir des grossesses non désirées.
La première dame depuis l’année dernière est en train de se battre pour faire construire des internats au niveau des différentes localités qui sont frappées par les mariages d’enfants. Et je prie Dieu pour que ce combat se réalise effectivement pour que cela donne corps aux requêtes que vous avez faites aujourd’hui.

Je voudrais pour terminer, saisir l’occasion pour souhaiter à chacune de vous une très bonne année 2018, une année de paix, une année de santé, une année d’abondance. Et lorsque je parle de paix, c’est individuellement, mais également pour le pays. Sans la paix, nous ne pouvons rien faire. Et les femmes sont des agents de changements et de construction de la paix. Je vous remercie.

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