Mariage d’enfants : les femmes du Faso s’unissent contre le phénomène

716

A l’occasion de la traditionnelle présentation de vœux des femmes du Burkina à la première dame , un panel a été organisé ce vendredi 19 janvier 2018 à Ouagadougou pour débattre sur le mariage d’ enfants.  L’idée de cette conférence est de faire ressortir les défis à relever pour l’épanouissement des enfants et la jouissance de leurs droits.

 

Venues des 13 régions du Burkina, elles étaient plus de 800 à prendre part à  ce panel sur le mariage  d’enfants . Placé sous le thème « lutte contre le mariage d’enfants au Burkina Faso : un défi commun pour la protection des droits de la fille et pour la promotion socioéconomique des femmes », ce forum piloté par le ministre de la femme, de la solidarité nationale et de la famille Laure Zongo et présidé par la première dame Sika Kaboré est une halte pour dire fortement stop au mariage d’ enfants.

Les premières autorités au regard de la situation peu reluisante veulent prendre à bras la problématique du mariage des enfants. « Nous voulons mettre l’accent sur la promotion de l’élimination du mariage d’enfants parce que cela n’est pas sans conséquences sur les enfants. Il y a le fait que les filles sont privées de leur enfance, cela amène la déscolarisation de bon nombre d’entre elles et sur le plan sanitaire, elles sont exposées à beaucoup de risques », a soutenu la ministre Laure Zongo. Cela favorise justement aux yeux de la ministre un contexte socio-économique défavorable pour la femme et est une violation des droits de la femme et prive les enfants de la possibilité de développer leur personnalité.  « Au Burkina Faso, le mariage d’enfants est une réalité et cette réalité bien qu’elle touche aussi bien les hommes et les femmes, a surtout un visage féminin. Selon le rapport de l’Étude pays SIGI publié en 2018, plus de 44% des femmes mariées l’ont été avant d’avoir 18 ans contre seulement 3% des hommes. Les deux tiers des personnes mariées avant d’entrer dans l’âge adulte sont des femme », a-t-elle souligné pour appuyer son propos.

Du côté de la première dame Sika Kaboré qualifiée de championne en matière de lutte contre le mariage des enfants, cette rencontre est une aubaine pour outiller les femmes venues des 45 provinces « pour qu’elles puissent être des relais sur le terrain de lutte contre le mariage d’enfants ». Elle les exhorté à être des championnes locales pour la lutte contre cette pratique.

Pour Laure Zongo, les femmes ne peuvent et ne doivent pas rester insensibles face à cette situation dont les conséquences sont entre autres l’accentuation des violences conjugales, les grossesses précoces, les accouchements difficiles qui se terminent par des fistules obstétricales, les accouchements prématurés, etc.

Deux communications, « ampleur, causes et conséquences du mariage d’enfants au Burkina Faso » et « actions menées, défis et perspectives de la promotion de l’abandon du mariage d’enfants au Burkina Faso » ont permis de planter le décor pour les échanges. A l’issue de cette rencontre, les femmes sont reparties encore plus déterminées que jamais à combattre le phénomène du mariage d’enfants dans leur localité.

Assétou Maiga 

Laissez votre commentaire ici !