Mariage d’enfants : les associations féminines s’engagent dans la lutte

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Le mariage d’enfants est une réalité au Burkina. C’est une violation des droits de la jeune fille et une entrave à son plein épanouissement. Fort heureusement, des voies féminines s’élèvent de plus en plus pour mettre fin à cette pratique néfaste et discriminatoire.

Selon le rapport pays SIGI, publié en 2018, plus de 44% des femmes mariées l’ont été avant d’avoir 18 ans contre seulement 3% des hommes. Les deux tiers des personnes mariées avant d’entrer dans l’âge adulte sont des femmes. Les causes du mariage d’enfants au Burkina sont nombreuses. La persistance des normes et valeurs sociales contraires aux droits de la fille (rapt, don de filles), la pauvreté, le vide juridique concernant le mariage coutumier et religieux et l’insuffisance d’information sont entre autres les facteurs qui font perdurer cette pratique. Engendrant des conséquences néfastes, les jeunes filles victimes de mariages précoces sont exposées aux grossesses précoces, aux accouchements difficiles, aux fistules obstétricales, aux violences conjugales etc. C’est une pratique qui pose un véritable problème de sécurité chez la petite fille. D’où l’urgence d’agir. Nous avons recueilli les avis de deux responsables d’associations féminines à ce sujet.

Kadidia Koanda, Présidente de l’association Kounassou à l’arrondissement 11

La rencontre entre les femmes du Burkina sur le mariage d’enfants a été très riche et les recommandations assorties peuvent nous aider à lutter contre cette pratique. Le mariage d’enfants a une incidence négative sur leur réussite scolaire. La sensibilisation sur le mariage forcé est nécessaire et la connaissance du code des personnes et de la famille est importante. Ainsi, les femmes seront conscientisées et elles auront le courage de parler de sexualité à leurs enfants. Les enfants également peuvent s’approcher de leurs parents sans craindre et poser des questions sur leur vie sexuelle et reproductive.

Mariam Golo/ Belemou, présidente de l’association Badegnan des femmes handicapées de Tougan.

Notre association compte 70 femmes et nous luttons contre le mariage des enfants. C’est un phénomène qui existe aussi dans le sourou et qui a des conséquences néfastes sur les enfants. Je pense qu’avec la coordination, les associations et l’implication des chefs coutumiers et religieux, nous arriverons à venir à bout de ce phénomène.

Le mariage d’enfants, une pratique aux multiples conséquences, allant du rejet à l’atteinte des droits de la jeune fille, compromet sérieusement à sa santé, à son éducation et à toutes les possibilités de réalisation de son potentiel humain.

Assétou Maïga

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